La province de la Mongala, dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo, fait face à une crise logistique qui paralyse l’évacuation de ses productions agricoles. Dans une tribune intitulée « Mongala oubliée : notre manioc, notre riz, notre arachide pourrissent à cause des routes », le politologue Reagan Emomo dresse un constat sévère de l’état des infrastructures et de ses conséquences sur la vie quotidienne des habitants.
Le texte met en lumière un paradoxe : une région à fort potentiel agricole, mais dont les récoltes peinent à atteindre les marchés. Le manioc, le maïs, le riz ou encore le haricot restent bloqués dans les villages, faute de routes praticables et de moyens de transport. Cette situation entraîne une double peine : des pertes pour les producteurs et une hausse des prix pour les consommateurs urbains.
Une route nationale impraticable, un isolement chronique
Reagan Emomo pointe en premier lieu l’état de la Route nationale numéro 6, axe vital pour la desserte de la province. Son mauvais état, combiné à celui des routes de desserte agricole, complique considérablement l’acheminement des produits vers les centres de consommation. L’absence d’infrastructures de transport fiables isole les zones de production et freine toute dynamique économique.
Cette réalité n’est pas nouvelle, mais elle s’aggrave. L’auteur de la tribune évoque des récoltes qui se détériorent sur place, faute de débouchés. Les producteurs, souvent des petits agriculteurs, voient leurs efforts réduits à néant, tandis que les ménages urbains subissent une inflation alimentaire qui pèse sur leur budget.
Lisala, Bumba, Bongandanga : le quotidien sous pression
Les conséquences sociales sont décrites avec précision. À Lissala, à Bumba et à Bongandanga, la vie quotidienne est devenue extrêmement difficile, selon le politologue. Il cite des hôpitaux vétustes, des écoles mal équipées et un aérodrome de Lisala délabré, presque sans asphalte. L’accès à l’eau potable est qualifié d’insignifiant, l’électricité quasi inexistante, et les services publics défaillants.
Le chômage des jeunes atteint un niveau jugé inquiétant. Cette accumulation de difficultés dessine le portrait d’une province laissée pour compte, où les services essentiels ne suivent pas la croissance démographique. Reagan Emomo se demande si le Gouvernement central n’a pas oublié les habitants de cette partie du pays.
Un appel à l’action face à l’inaction publique
La tribune se termine par un appel pressant aux autorités. L’auteur, qui dit vivre à Lisala, qualifie la situation d’inadmissible. Il souligne qu’une province de plus de 58 kilomètres carrés ne compte même pas un kilomètre de route asphaltée, un chiffre qui illustre l’ampleur du déficit d’infrastructures.
Cette prise de parole publique s’inscrit dans un contexte plus large de revendications citoyennes pour un meilleur accès aux services de base. Elle met en évidence le fossé entre les potentialités économiques de la Mongala et la réalité de son enclavement. La question posée est simple : combien de temps encore les récoltes pourriront-elles avant que les routes ne soient réhabilitées ?
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
