Le lancement, ce mardi 1er septembre 2026 à Kinshasa, de la plateforme SYGREM par le vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba Gombo marque une étape décisive dans la modernisation de la gestion du fret congolais. Derrière l’annonce technique, c’est un enjeu de souveraineté et de transparence qui se joue pour l’État et, à terme, pour les citoyens.
Un outil pour reprendre la main sur les flux commerciaux
Le Système de gestion des redevances multimodales, initié par l’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM) en partenariat avec PADS Corporation, vise à assurer la traçabilité des marchandises à l’importation comme à l’exportation. Jean-Pierre Bemba a insisté sur cet aspect : « Notre ambition est claire : savoir ce qui entre, savoir ce qui sort et être en mesure d’en assurer la traçabilité à chaque étape », a-t-il déclaré. Cette exigence de suivi répond à une préoccupation ancienne : la fraude et les détournements qui privent l’État de recettes essentielles.
Des recettes publiques mieux sécurisées
Le directeur général de l’OGEFREM, Olivier Tshibola Mukuma, a détaillé les avantages du système : géolocalisation des cargaisons de bout en bout, paiements en ligne et centralisation des recettes dans des comptes dédiés. « Le système SYGREM présente des atouts majeurs pour l’intérêt de la République, notamment sur les volets de la maximisation des recettes et de la jugulation de la fraude », a-t-il affirmé. Pour le citoyen, ces recettes supplémentaires pourraient se traduire par un meilleur financement des services publics, même si aucun chiffre n’a été avancé.
Des engagements à concrétiser
Jean-Pierre Bemba a toutefois prévenu : « Le lancement du système ne constitue pas une fin en soi. Il marque le commencement d’une nouvelle phase, celle de son exploitation effective et de l’obligation de résultat. » Il a appelé l’OGEFREM et PADS Corporation à respecter leurs engagements. Cette exigence de résultats est cruciale : sans mise en œuvre rigoureuse, la plateforme resterait un outil de plus sans impact réel sur la vie des Congolais.
Des projets d’infrastructures en appui
Olivier Tshibola Mukuma a également annoncé plusieurs projets à l’horizon 2027, dont le début des travaux du port sec de Kasumbalesa, l’aménagement d’aires de stationnement sur l’axe Mwanda-Boma-Matadi-Kinshasa, ainsi que la mise en place de centres de groupage et de parcs à véhicules. Ces infrastructures complémentaires devraient renforcer l’efficacité logistique et, à terme, réduire les coûts pour les opérateurs économiques.
La cérémonie a aussi officialisé le dispositif réglementaire encadrant la souscription obligatoire des fiches électroniques FERI et ADFERI. Cette obligation vise à simplifier les opérations et à réduire les délais de traitement, un bénéfice direct pour les acteurs du commerce. Reste à savoir si ces promesses se traduiront par des améliorations concrètes pour la population, dans un pays où la logistique demeure un frein majeur au développement.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
