Adolphe Muzito, Vice-Premier ministre en charge du Budget et président de Nouvel Élan, a publié sa 37e tribune politique. Il y défend un projet de Dialogue national porté par le président Félix Tshisekedi. L’objectif affiché est de doter la République démocratique du Congo d’une Constitution légitime et d’un plan de développement économique et militaire.
Un constat historique sur les Constitutions congolaises
Dans son texte, Adolphe Muzito rappelle qu’aucune Constitution congolaise n’a été élaborée directement par le peuple. Il cite la Loi fondamentale de 1960, rédigée par le Parlement belge, puis les textes marqués par les sécessions et les coups d’État. La Constitution du 18 février 2006 a, selon lui, été préparée par un Parlement de transition non élu et promulguée par un Président non élu.
Pour l’ancien Premier ministre, le Dialogue national doit corriger cette situation. Il s’agirait d’un moment fondateur pour adopter une Constitution définitive, adaptée au contexte de guerre imposé par le Rwanda, selon ses termes.
Une union sacrée conditionnée à des réformes démocratiques
Adolphe Muzito appelle à une union sacrée autour du Chef de l’État, en référence à des précédents historiques comme la France en 1914 ou les États-Unis en 1941. Il estime que majorité, opposition, société civile, provinces et diaspora doivent faire bloc pour défendre l’intégrité territoriale.
Mais cette unité a un prix démocratique. Le président de Nouvel Élan exige l’application de deux lois : celle de 2008 sur le financement public des partis politiques et celle de 2007 sur le statut de l’opposition. Il considère que défendre la patrie ne doit pas se faire en muselant le débat, mais en le finançant.
Un plan économique chiffré pour 2035
Le manifeste d’Adolphe Muzito comprend un volet économique détaillé. Il vise à faire passer le PIB de 122 milliards de dollars en 2026 à 215 milliards en 2035. Les recettes propres de l’État devraient passer de 15,2 milliards à 40 milliards de dollars. L’objectif est de faire du pays la troisième puissance économique d’Afrique subsaharienne, derrière l’Afrique du Sud et le Nigeria.
Pour financer ce bond, l’ancien Inspecteur des finances assume le recours à l’endettement, mais de manière intelligente. Il précise que la dette extérieure doit être une dette de construction, non de consommation. Avec un PIB de 215 milliards, un endettement plafonné à 50% permettrait de mobiliser 105 milliards de dollars, à condition de privilégier les prêts concessionnels à longue maturité.
Il propose aussi la création d’un fonds souverain gagé sur les réserves minières du pays, estimées à 2.000 milliards de dollars, et le recours aux partenariats public-privé pour les infrastructures. Les investissements attendus du partenariat stratégique avec les États-Unis sont également mentionnés.
Une armée renforcée pour dissuader
Adolphe Muzito lie développement économique et défense. Il affirme qu’un État qui ne peut défendre son territoire ne peut durablement financer son développement. Il souhaite une montée en puissance des FARDC, financée par l’augmentation des recettes.
Au-delà des moyens financiers, il réclame une refonte totale : doctrine de défense, commandement unifié sous autorité civile, maîtrise des drones, du renseignement et de la cybersécurité, création progressive d’une industrie de défense nationale, et amélioration de la condition du soldat (solde, logement, santé).
Il rassure les pays voisins : cette future puissance ne sera constituée ni pour attaquer, ni pour des velléités expansionnistes. La RDC ne revendique aucun territoire étranger. Elle veut dissuader et imposer une paix par le droit.
Sept résolutions pour le Dialogue national
Pour Adolphe Muzito, le Dialogue national ne doit pas être un partage de postes. Il doit aboutir à un Pacte national en sept points : un pacte républicain de défense de l’intégrité territoriale, une feuille de route pour une nouvelle Constitution soumise au référendum, un Plan national de construction 2026-2035 chiffré, une pression fiscale de 17% dès 2028, un pacte de réforme et de financement des FARDC, l’application des lois sur les partis et l’opposition, et un mécanisme de suivi des engagements.
La conclusion de la tribune est un appel à transmettre une Constitution définitive et légitime, un pays construit et une Nation capable de se défendre. C’est à cette condition, selon le président de Nouvel Élan, que la RDC deviendra une puissance politique, économique et militaire de paix au cœur de l’Afrique.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
