Adolphe Muzito, Vice-Premier ministre en charge du Budget et président de Nouvel Élan, a publié sa 37e tribune politique. Il y détaille sa vision du Dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi. Pour l’ancien Premier ministre, ce dialogue doit être l’occasion de corriger ce qu’il appelle un « péché originel » : aucune Constitution congolaise n’a été élaborée directement par le peuple. Il propose un manifeste en trois axes : l’unité nationale, un plan économique chiffré et une réforme de l’armée.
Un dialogue pour fonder une Constitution légitime
Muzito rappelle que la Loi fondamentale de 1960 a été élaborée par le Parlement belge, et que les textes suivants ont été marqués par des sécessions et des coups d’État. La Constitution de 2006, selon lui, a été préparée par un Parlement de transition non élu et promulguée par un président non élu. Il estime que le Dialogue national doit permettre, sous l’impulsion du chef de l’État, de doter le pays d’une Constitution définitive et adaptée à la guerre imposée par le Rwanda.
Une union sacrée conditionnée au financement des partis
L’ancien Premier ministre appelle à une union sacrée comparable à celle de la France en 1914 autour de Poincaré, du Royaume-Uni en 1940 autour de Churchill ou des États-Unis en 1941 autour de Roosevelt. Face à l’agression, majorité, opposition, société civile, provinces et diaspora devraient faire bloc autour du président. Mais cette unité a un prix démocratique : Muzito exige l’application de la loi de 2008 sur le financement public des partis politiques et de celle de 2007 sur le statut de l’opposition. Il considère qu’on ne défend pas la patrie en muselant le débat, mais en le finançant.
Un plan économique de 215 milliards de dollars
Sur le plan économique, Muzito fixe un objectif : faire passer le PIB de 122 milliards de dollars en 2026 à 215 milliards en 2035, et les recettes propres de l’État de 15,2 à 40 milliards de dollars. Cela ferait du pays la troisième puissance économique d’Afrique subsaharienne, derrière l’Afrique du Sud et le Nigeria. Pour financer ce bond, il assume le recours à l’endettement, mais à condition qu’il s’agisse d’une « dette de construction, non de consommation ». Avec un PIB de 215 milliards, un endettement plafonné à 50 % permettrait de mobiliser 105 milliards de dollars, en privilégiant les prêts concessionnels à longue maturité. Il propose aussi la création d’un fonds souverain gagé sur les réserves minières estimées à 2 000 milliards de dollars, et le recours aux partenariats public-privé pour les infrastructures, sans oublier les investissements attendus du partenariat stratégique avec les États-Unis.
Une armée dissuasive et réformée
Pour Muzito, « un État qui ne peut défendre son territoire ne peut durablement financer son développement ». Il réclame une montée en puissance des FARDC financée par l’augmentation des recettes, mais aussi une refonte totale : doctrine de défense, commandement unifié sous autorité civile, maîtrise des drones, du renseignement et de la cybersécurité, création progressive d’une industrie de défense nationale, et amélioration de la condition du soldat (solde, logement, santé). Il précise que cette puissance ne sera constituée ni pour attaquer ni pour des velléités expansionnistes, la RDC ne revendiquant aucun territoire étranger.
Sept résolutions pour un pacte national
Le Dialogue national ne doit pas être un « partage de postes », selon Muzito. Il doit aboutir à un Pacte national en sept points : un pacte républicain de défense de l’intégrité territoriale, une feuille de route pour une nouvelle Constitution soumise à référendum, un Plan national de construction 2026-2035 chiffré, une pression fiscale de 17 % dès 2028, un pacte de réforme et de financement des FARDC, l’application des lois sur les partis et l’opposition, et un mécanisme de suivi des engagements. Sa conclusion est un appel à transmettre « une Constitution définitive et légitime, un pays construit et une Nation capable de se défendre », condition pour que la RDC devienne une puissance politique, économique et militaire de paix au cœur de l’Afrique.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
