Le président Félix Tshisekedi a officiellement confié aux chefs des confessions religieuses un mandat de bons offices pour organiser un dialogue national inclusif, ce vendredi 17 juillet 2026 à Kinshasa. Cette décision, annoncée après une rencontre à la cité de l’Union africaine, ouvre une séquence politique inédite dont la condition centrale de participation divise déjà : nommer clairement le Rwanda comme agresseur de la République démocratique du Congo.
Une condition préalable qui trace une ligne rouge
Lors d’un briefing presse tenu le même jour, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a explicité le critère fondamental pour prendre part aux discussions. « Quand on parle d’un dialogue inclusif, on regarde ceux qui, jusqu’à présent, n’ont jamais, de manière claire et sans ambiguïté, montré qu’ils étaient contre l’agression rwandaise », a-t-il déclaré. Pour le gouvernement, l’inclusivité ne signifie pas une ouverture sans condition : elle exige un positionnement patriotique sans équivoque. Patrick Muyaya a insisté : « Nous avons besoin que tous les congolais, désireux de rejoindre cette grande coalition, soient en mesure de dire les choses telles qu’elles sont. Le point qui doit nous unir, c’est d’abord l’unicité de nos vues contre le Rwanda. »
Un dialogue sous le signe de la restauration territoriale
Le mandat confié aux confessions religieuses vise explicitement à trouver des solutions pour la restauration de l’intégrité du territoire national. Cette mission de bons offices s’inscrit dans un contexte où la question de l’agression rwandaise est érigée en préalable à toute discussion. Le porte-parole a salué la déclaration du Cardinal Fridolin Ambongo, qui a nommé le Rwanda comme agresseur, y voyant un exemple de la clarté attendue. Cette exigence pourrait toutefois restreindre la participation de certains acteurs politiques ou sociaux dont la position sur le Rwanda reste ambiguë ou non exprimée publiquement.
Une feuille de route attendue pour concrétiser l’initiative
Selon des sources proches des églises, une feuille de route sera publiée incessamment pour détailler les modalités du dialogue. Le président Tshisekedi, qui avait déjà approuvé l’option d’un dialogue en début d’année avant de faire volte-face, signera dans les tout prochains jours une ordonnance relative à l’organisation de ce processus. Parmi les confessions religieuses présentes à la rencontre figuraient la plateforme des confessions religieuses et des Églises du Réveil dirigée par l’archevêque Ejiba Yamapia, la CENCO et l’ECC. Leur rôle sera déterminant pour garantir la légitimité du processus, mais aussi pour gérer les tensions que la condition posée par le gouvernement ne manquera pas de susciter.
En liant la participation au dialogue à une dénonciation explicite du Rwanda, le pouvoir place les futurs participants face à un choix qui dépasse le simple échange politique. Cette approche, si elle vise à renforcer la cohésion nationale autour d’un ennemi commun, pourrait aussi exclure des voix critiques ou dissidentes, réduisant ainsi la portée inclusive du dialogue. La publication de l’ordonnance présidentielle et de la feuille de route permettra de mesurer comment cette condition sera opérationnalisée et quel espace restera pour un débat véritablement ouvert sur l’avenir du pays.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Sources: actu30.cd, Actualite.cd
