La flambée des coûts funéraires en République démocratique du Congo place les familles endeuillées dans une détresse financière qui interroge la responsabilité de l’État. Chief Tipamba Ngambamalu, président de l’Union pour la défense des droits des consommateurs du Congo (UDECOM), tire la sonnette d’alarme : les dépenses pour enterrer un proche peuvent atteindre 6 000 à 8 000 dollars, un montant qui dépasse les capacités de nombreux ménages. « Aujourd’hui, tu peux mourir parce que tu n’avais pas les moyens de te soigner. Mais pour t’enterrer, on doit dépenser 6, 7 ou 8 000 dollars. Ça n’a pas de sens », a-t-il déclaré sur Radio Okapi. Ce constat met en lumière un secteur funéraire livré à lui-même, où l’absence de régulation aggrave la vulnérabilité des citoyens.
Un secteur sans garde-fous face à des familles sous le choc
L’UDECOM pointe du doigt la liberté tarifaire dont jouissent les opérateurs funéraires, dans un contexte où les proches, accablés par le deuil, ne sont pas en mesure de négocier. Chief Tipamba Ngambamalu insiste sur cette asymétrie : « Quand quelqu’un veut enterrer un proche, il est sous le coup de l’émotion. Il n’a plus toute sa liberté de choix. Il appartient à l’État de mettre des garde-fous. » Cette situation conduit à des dérives : des familles conservent les dépouilles à la morgue pendant des semaines, le temps de réunir les fonds nécessaires, ou s’endettent lourdement pour offrir des obsèques dignes.
L’appel à une régulation publique pour alléger le fardeau
Face à cette crise silencieuse, des voix s’élèvent pour réclamer une intervention des autorités. L’UDECOM appelle à un encadrement des prestations funéraires afin de protéger les ménages. Des auditeurs de Radio Okapi, comme Cédric Nguelé, suggèrent des pistes concrètes : réglementer les coûts des services funéraires, encourager les mutuelles d’obsèques et promouvoir des funérailles sobres et dignes. « La mort ne devrait jamais devenir un fardeau financier pour les familles endeuillées », a-t-il souligné. Ces propositions visent à transformer un marché opaque en un service accessible, où la douleur ne serait plus aggravée par la peur des dépenses.
Lubumbashi, écho d’une détresse nationale
Depuis Lubumbashi, l’auditeur Fils Kadianda a résumé un sentiment largement partagé : « Aujourd’hui, on ne craint plus la mort que les dépenses qui sont liées à cette dernière. » Ce témoignage illustre l’angoisse qui gagne les Congolais, pour qui les obsèques sont devenues un luxe. En l’absence de réformes, le risque est grand de voir se creuser les inégalités face à la mort, les plus démunis étant contraints à des choix déchirants. L’État, en régulant ce secteur, pourrait non seulement soulager les familles, mais aussi réaffirmer son rôle de protecteur des citoyens dans les moments les plus vulnérables.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
