Depuis plus d’une semaine, les habitants de Mbuji-Mayi font face à une flambée du prix du carburant. Le litre d’essence, autrefois vendu à 3 500 francs congolais, se négocie désormais entre 5 000 et 5 500 FC chez les revendeurs et grossistes. Cette hausse brutale, constatée dans la province du Kasaï-Oriental, pèse directement sur le budget des ménages et menace de renchérir les produits de première nécessité.
Un approvisionnement plus coûteux pour les opérateurs
Dominique Ilunga, directeur provincial de la Fédération des entreprises du Congo (FEC/Kasaï-Oriental), explique cette situation par l’augmentation du coût d’approvisionnement en carburant. « Les opérateurs économiques s’approvisionnent aujourd’hui à un prix plus élevé que celui auquel ils achetaient auparavant. Cette hausse se répercute inévitablement sur le marché », a-t-il déclaré. En clair, les grossistes paient plus cher leur marchandise, et cette charge supplémentaire est immédiatement transférée au consommateur final. Ce mécanisme de répercussion est d’autant plus rapide que le marché local manque de filets de sécurité pour amortir les chocs.
L’absence des sociétés publiques fragilise le marché
Le responsable de la FEC déplore également le retrait de plusieurs sociétés publiques de la chaîne d’approvisionnement des produits pétroliers. Cette absence, selon lui, fragilise le marché local en le privant d’acteurs capables de stabiliser les prix. Il plaide pour l’implication de structures comme Cohydro afin de garantir un approvisionnement régulier de la province et contribuer à une meilleure régulation des prix. Sans ces mécanismes, le marché reste exposé aux variations brutales des coûts d’achat, ce qui rend les prix à la pompe imprévisibles pour les consommateurs.
Un effet domino sur le transport et les biens essentiels
La hausse du carburant a déjà entraîné une augmentation du coût du transport dans la ville. Pour de nombreux ménages, cette charge supplémentaire est un coup dur, car dans une province où la variation du prix du transport se répercute rapidement sur les biens essentiels, le risque d’une nouvelle vague de hausses est bien réel. Les familles redoutent de voir le prix des denrées alimentaires et d’autres produits de base grimper dans les prochains jours, ce qui aggraverait une situation économique déjà tendue. Cette crainte est fondée sur l’expérience : à Mbuji-Mayi, le coût du transport est un facteur clé dans la formation des prix des marchandises, car la ville dépend largement des approvisionnements routiers. Ainsi, chaque augmentation du carburant se traduit presque mécaniquement par une hausse du coût de la vie, touchant en premier lieu les populations les plus vulnérables.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
