Des milliers de personnes déplacées internes survivent dans des conditions extrêmement précaires à Kibabi/Buporo, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu. Chassées par l’insécurité persistante, ces familles n’ont reçu aucune assistance humanitaire depuis leur arrivée, ce qui aggrave leur vulnérabilité sanitaire et alimentaire. Comprendre les mécanismes de cette crise permet de mesurer les risques concrets pour la santé de ces populations.
Un afflux de déplacés sans réponse humanitaire
Les déplacés de Kibabi/Buporo proviennent principalement des villages de Katoyi, Luke, Ngululu et d’autres localités du territoire de Masisi. Ils ont fui les affrontements et les violences, abandonnant leurs biens pour sauver leur vie. Selon Uzima Byamungu, responsable des déplacés, la situation devient de plus en plus alarmante. Il explique que, malgré l’ampleur des besoins, aucune organisation humanitaire n’est encore intervenue pour venir en aide à ces ménages vulnérables. Certaines familles sont hébergées par des habitants, tandis que d’autres s’entassent dans des églises et des écoles, dans des conditions très difficiles. Cette promiscuité favorise la propagation de maladies infectieuses, comme les infections respiratoires ou les diarrhées, surtout chez les enfants et les personnes âgées. L’absence d’eau potable et de latrines aggrave le risque de choléra et d’autres maladies hydriques.
Des risques quotidiens pour la survie
Face au manque de nourriture, d’abris, de soins de santé et d’eau potable, de nombreux déplacés prennent des risques considérables pour nourrir leurs familles. Uzima Byamungu indique que certains retournent dans les champs ou parcourent de longues distances, s’exposant à l’insécurité et à d’autres dangers. Cette quête quotidienne de subsistance accroît leur vulnérabilité physique et psychologique, dans un environnement où les structures de santé sont inexistantes ou inaccessibles. Les blessures non soignées, les accouchements sans assistance médicale et les maladies chroniques non traitées deviennent des menaces mortelles. De plus, le stress constant et les traumatismes liés à la violence et au déplacement augmentent les troubles de santé mentale, souvent négligés dans les contextes de crise.
Un appel urgent à l’aide
Les déplacés de Kibabi/Buporo sollicitent une intervention urgente des autorités et des partenaires humanitaires. Ils espèrent une assistance en vivres, en articles ménagers essentiels, en médicaments et en abris, afin d’alléger les souffrances de milliers de familles. Uzima Byamungu lance un appel aux personnes de bonne volonté, aux autorités et aux organisations humanitaires pour qu’elles viennent en aide à ces populations dont la souffrance est immense. L’absence prolongée d’assistance risque d’aggraver les problèmes de malnutrition, de maladies hydriques et de détresse mentale au sein de cette communauté déjà fragilisée. Une réponse rapide pourrait prévenir une détérioration sanitaire majeure, en fournissant des soins de base, de l’eau potable et un soutien nutritionnel, essentiels pour protéger les plus vulnérables.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
