Le silence observé par le ministre de la Santé publique après la dispersion d’un sit-in de médecins à Kinshasa, le 15 juillet 2026, met en lumière les fragilités de la protection des professionnels de santé en République démocratique du Congo. Le Bureau exécutif provincial de Kinshasa du Syndicat national des médecins (SYMECO) a dénoncé, dans un communiqué publié le 16 juillet, l’absence de réaction officielle face à ce qu’il qualifie de « traitement inhumain, humiliant et dégradant ». Cette situation soulève des interrogations sur la reconnaissance des droits des soignants et la capacité des institutions à garantir leur sécurité lorsqu’ils expriment pacifiquement des revendications salariales.
Un rassemblement dispersé sans ménagement
Mercredi 15 juillet, des médecins se sont rassemblés devant l’Immeuble du gouvernement pour réclamer l’alignement de leur prime de risque, conformément aux engagements pris par les autorités. Selon le SYMECO, les praticiens ont été « molestés » et aspergés d’eau par des éléments de la Police nationale congolaise. Le syndicat déplore que le ministre de la Santé n’ait exprimé ni condamnation ni solidarité envers les médecins concernés, alors même que ces derniers manifestaient pacifiquement pour une revendication salariale. Cette absence de réaction contraste avec les principes de protection des travailleurs en situation de revendication légitime.
Un contraste révélateur avec une affaire récente
Le SYMECO établit un parallèle avec la réaction du ministre après un incident survenu à l’Hôpital général de référence de Kinkole, où un médecin était accusé de violences contre une patiente. Dans ce cas, une condamnation publique avait été rapidement formulée. Pour le syndicat, cette différence de traitement interroge sur la protection accordée aux médecins lorsqu’ils sont eux-mêmes victimes. Ce contraste met en lumière un possible déséquilibre dans la prise en compte des droits et de la sécurité des soignants. Il suggère que la réponse institutionnelle pourrait varier selon que le médecin est mis en cause ou qu’il subit des violences, ce qui affaiblit la confiance des professionnels de santé envers leur tutelle.
Des demandes claires pour rétablir la confiance
Face à cette situation, le SYMECO demande au ministre de la Santé de condamner publiquement les faits, d’apporter son soutien aux praticiens concernés et d’ordonner l’ouverture d’une enquête pour établir les responsabilités. Ces mesures sont jugées essentielles pour restaurer un climat de confiance entre les professionnels de santé et leur tutelle. Le syndicat réaffirme par ailleurs sa détermination à poursuivre, dans le respect de la loi, son combat pour la défense de la dignité du médecin congolais et le respect des engagements gouvernementaux. Cette affaire rappelle que la reconnaissance des droits des soignants passe aussi par une réponse institutionnelle rapide et équitable lorsqu’ils sont mis en cause ou lorsqu’ils subissent des violences dans l’exercice de leurs fonctions. L’absence de réaction peut être perçue comme un signal négatif, susceptible d’éroder la motivation des personnels de santé et d’affecter la qualité des soins à long terme.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
