Le gouvernement congolais a validé, le 10 juillet 2026, un partenariat public-privé avec Mota-Engil S.A. pour la réhabilitation de la ligne ferroviaire Dilolo–Kolwezi–Lubumbashi–Sakania. Cette décision, entérinée lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, s’inscrit dans la mise en œuvre du projet de Corridor de Lobito, destiné à moderniser les infrastructures de transport et à fluidifier l’évacuation des minerais vers le port angolais de Lobito.
Un cadre contractuel approuvé en Conseil des ministres
L’approbation du partenariat public-privé confie à Mota-Engil la concession de la partie congolaise du corridor. Le projet vise à renforcer la compétitivité du secteur minier, principal moteur de l’économie nationale, en améliorant la liaison entre les zones d’extraction du Katanga et la façade atlantique. Aucun calendrier de mise en œuvre ni montant financier n’a été rendu public à ce stade.
Washington salue une étape clé du partenariat stratégique
Le Bureau des affaires africaines du Département d’État américain a réagi le 15 juillet 2026 sur le réseau X, qualifiant cette approbation d’« étape majeure dans la mise en œuvre du partenariat stratégique entre les deux pays ». Le message précise que l’accord de concession est soutenu par la Société américaine de financement du développement international (DFC).
« Dans le cadre de l’Accord de partenariat stratégique (APS) entre les États-Unis et la RDC, ces deux pays œuvrent à la réalisation d’objectifs communs visant à faciliter l’accroissement des investissements américains et des investissements alignés sur les États-Unis, à diversifier le secteur minier congolais et à promouvoir des flux de minéraux critiques sûrs, fiables et mutuellement avantageux », a écrit le Bureau des affaires africaines.
Un projet adossé à l’accord sur les minerais critiques
Cette validation intervient dans le prolongement de l’Accord de partenariat stratégique signé le 4 décembre 2025 entre la RDC et les États-Unis. Ce texte instaure un cadre de coopération à long terme axé sur la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Il prévoit notamment la création d’une réserve d’actifs stratégiques (Strategic Asset Reserve) et d’une réserve de minerais stratégiques (Strategic Minerals Reserve), destinées à stabiliser les marchés et à encourager la transformation locale.
L’accord engage également Washington à soutenir la modernisation du corridor Sakania-Lobito, le développement du Grand Inga et l’industrialisation des zones minières. Il comprend en outre une réforme du cadre fiscal et administratif, la mise en place d’un guichet unique pour les opérateurs économiques et la lutte contre l’exploitation illicite des minerais.
Des retombées attendues pour la connectivité régionale
Selon le Département d’État américain, le Corridor de Lobito « renforcera la connectivité régionale, stimulera les investissements, créera des emplois et favorisera les échanges commerciaux entre la RDC et l’océan Atlantique, au bénéfice de toute l’Afrique centrale ». Washington espère une signature définitive rapide afin que la mise en œuvre puisse débuter et que le soutien de la DFC soit finalisé.
La RDC, représentée lors de la signature de l’accord de décembre 2025 par le vice-Premier ministre Daniel Mukoko Samba et la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner, avait alors également conclu un mémorandum d’entente sécuritaire avec les États-Unis, consacrant un approfondissement du partenariat bilatéral.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
