Le 15 juillet 2025, date butoir fixée par l’Accord de paix de Washington pour le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, est passé sans qu’aucun militaire rwandais n’ait quitté le sol national. Au contraire, ces troupes continuent d’appuyer l’offensive de la coalition AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment dans les territoires de Mwenga, Kalehe et Fizi, selon les informations rapportées par Congo Nouveau.
Un calendrier de retrait ignoré
L’échéance du 15 juillet, inscrite dans l’Accord de paix de Washington, devait marquer le début du retrait des forces rwandaises présentes en République démocratique du Congo. Or, aucun mouvement de repli n’a été constaté. Les troupes rwandaises restent déployées et soutiennent activement les opérations de la coalition AFC/M23, qui poursuit son avancée dans l’Est du pays. Cette situation prolonge l’instabilité dans des zones déjà durement touchées par les violences.
Exploitation illégale des minerais à Rubaya
Le quotidien Le Phare met en lumière la dimension économique du conflit. Selon son analyse, le M23 et le Rwanda tirent un profit considérable de l’exploitation illégale des minerais dans les zones occupées. Le site de Rubaya, dans le Nord-Kivu, est particulièrement ciblé : plus de 100 tonnes de coltan en seraient exportées frauduleusement chaque mois vers le Rwanda. Ce trafic alimente directement l’effort de guerre et prive la RDC de ressources essentielles.
La RDC exige une transition énergétique équitable à l’ONU
Lors d’une réunion informelle du Conseil de sécurité consacrée aux minéraux critiques, la ministre d’État chargée des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a porté la voix de Kinshasa. Elle a exigé que les pays fournisseurs de matières premières soient rétribués de manière proportionnelle et que la valeur ajoutée soit créée sur place, plutôt que de maintenir les pays du Sud dans le rôle de simples réservoirs de matières premières. Africa News souligne que la RDC entend ainsi « changer les règles du jeu ».
Mise en garde contre un nouveau modèle de dépendance
Le site Actualité.cd rapporte que la RDC a mis en garde contre une transition énergétique qui reproduirait les schémas asymétriques du passé. La ministre a insisté sur le risque d’un modèle qui ne ferait que remplacer une forme de dépendance par une autre, sans stabiliser les régions productrices. Le message est clair : la transition verte ne doit pas se faire au détriment des pays riches en ressources.
LePotentiel.cd résume cette action diplomatique en soulignant l’appel de la RDC à un partenariat mondial renouvelé et transparent, condition indispensable pour une transition énergétique plus équitable. La diplomatie congolaise entend ainsi lier la question des minerais critiques à celle de la paix et de la souveraineté économique.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
