La Commission nationale des droits de l’Homme a demandé, lundi 29 juin, une réponse urgente des autorités face à la situation des enfants vivant dans la rue à Kinshasa. L’institution estime que ces mineurs, présents la nuit sous les ponts, le long des grandes avenues, près des marchés ou devant des magasins, se trouvent exposés à des atteintes à leurs droits fondamentaux, notamment à la protection et à la sécurité.
Cette prise de position place la question sur le terrain de la responsabilité publique. Pour la CNDH, il ne s’agit pas seulement d’un problème social visible dans la capitale, mais d’un dossier de droits humains qui appelle des mécanismes de protection et de réinsertion adaptés. L’institution demande ainsi des mesures capables de répondre à l’urgence, tout en traitant les causes qui conduisent des mineurs à quitter ou à perdre le cadre familial.
La CNDH saisit les autorités
Le Commissaire national et Coordonnateur de la Sous-commission permanente des droits civils et politiques de la CNDH, Me Jean Richard Tshibanda Nduba, a interpellé les décideurs politiques sur la nécessité d’agir rapidement. Son appel vise la mise en place de mécanismes jugés efficaces pour protéger ces enfants et organiser leur réinsertion.
L’institution considère que la situation actuelle porte atteinte à des droits élémentaires. Les enfants concernés passent leurs nuits sans abri stable, dans un environnement marqué par le froid, l’insécurité et l’absence de prise en charge régulière. La CNDH demande donc une action publique plus structurée, au-delà des réponses ponctuelles ou isolées.
Des ruptures familiales au centre du dossier
Les récits recueillis auprès des enfants de la rue à Kinshasa font apparaître plusieurs causes récurrentes. Les conflits familiaux, la pauvreté extrême et les accusations de sorcellerie sont cités comme des facteurs qui provoquent l’exclusion de certains mineurs du foyer. Ces éléments montrent que la rue intervient souvent après une rupture brutale dans l’environnement familial.
Un enfant a décrit un parcours marqué par le décès de sa mère, le remariage de son père et le rejet par la nouvelle épouse. Il affirme avoir été insulté, battu, privé de nourriture, puis chassé de la maison. Depuis, il vit dans la rue et dit subir le froid, la faim et l’insécurité. Dans son témoignage, il demande à être considéré comme les autres enfants, avec le droit d’étudier.
Ces déclarations ne suffisent pas à établir toutes les responsabilités individuelles dans chaque cas. Elles indiquent cependant les principaux points de rupture que les autorités et les structures sociales devront examiner si une politique de protection veut atteindre les enfants concernés avant l’installation durable dans la rue.
La réinsertion des mineurs comme suite attendue
La CNDH insiste sur une réponse concertée. Selon Me Jean Richard Tshibanda Nduba, l’État, les structures familiales et les organisations sociales doivent être associés à l’effort de protection. L’objectif mis en avant est de remonter aux causes du phénomène et d’organiser la réinsertion des mineurs, notamment ceux qui expriment le souhait de reprendre les études ou d’apprendre un métier.
Cette orientation suppose une coordination entre les acteurs appelés à intervenir, sans réduire le problème à la seule présence des enfants dans l’espace public. La demande de la CNDH porte sur des mécanismes durables, capables de sécuriser les enfants, de les accompagner et de restaurer, lorsque cela est possible, un cadre de vie compatible avec leurs droits.
Un enjeu de protection à Kinshasa
À Kinshasa, la présence de ces mineurs dans les lieux publics reste le signe le plus visible d’une crise plus profonde. Chaque nuit passée dehors renforce leur exposition à l’insécurité et à la privation. La CNDH lie cette situation à une violation manifeste des droits humains fondamentaux et appelle les autorités compétentes à agir avec célérité.
À ce stade, aucune mesure précise n’a été détaillée dans l’appel rapporté. Le dossier est donc renvoyé à la capacité des autorités et des acteurs sociaux à traduire cette interpellation en dispositifs concrets. La suite attendue concerne la protection immédiate des enfants concernés, mais aussi la construction d’une réponse de réinsertion qui prenne en compte les causes familiales et sociales déjà identifiées.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
