AccueilActualitéÉconomieÀ Bukavu, la jeunesse mise sur le recyclage du plastique

À Bukavu, la jeunesse mise sur le recyclage du plastique

À Bukavu, les bouteilles et les sachets plastiques ne quittent pas facilement le décor. Ils s’accumulent, se ramassent, se stockent, puis reviennent dans le débat public comme un défi environnemental qui dure. Face à ce circuit lourd, le Conseil local de la jeunesse Bukavu veut déplacer le centre du jeu : ne plus seulement courir derrière les déchets, mais pousser des jeunes à les transformer en matière utile.

Dans une interview accordée mardi 30 juin à Radio Okapi, cette structure a proposé la création d’unités de production semi-industrielles spécialisées dans la revalorisation des déchets plastiques. L’idée vise surtout les bouteilles et les sachets, deux matières qui pèsent dans le problème d’insalubrité de la ville.

Changer le réflexe à Bukavu

Le Conseil de la jeunesse part d’un constat simple : les mesures de ramassage et de stockage montrent leurs limites. Les dépotoirs ne suffisent pas à absorber durablement le calvaire posé par les déchets plastiques. Il faut donc ouvrir une autre piste, plus productive, en misant sur le Bukavu recyclage plastique comme levier d’action locale.

Le message s’adresse aux jeunes entrepreneurs, mais aussi aux opérateurs économiques. La structure les invite à investir dans la transformation et la revalorisation des plastiques, afin de passer d’une logique de dépôt à une logique de production. Dans cette approche, les déchets cessent d’être uniquement un fardeau visible dans l’environnement urbain. Ils deviennent un gisement de matières premières à organiser, à traiter et à remettre dans un circuit d’usage.

Cette orientation reste concrète. Elle ne promet pas de solution instantanée, mais elle indique une direction : réduire la pression liée au ramassage et au stockage en donnant une valeur économique aux plastiques déjà présents dans la ville.

Des ateliers à financer ensemble

Le point dur, c’est l’investissement. Le Conseil local de la jeunesse Bukavu évoque des unités semi-industrielles recyclage dont l’acquisition exige un capital important. La structure avance toutefois une option collective pour rendre l’effort moins lourd pour un seul porteur de projet.

« Ce sont des unités de production semi-industrielles qui sont accessibles à partir de 80 000 $. Alors, ça, c’est un coût qui paraît énorme pour un seul individu, mais réuni en consortium, réuni en petit groupe, cinq ou six entrepreneurs, ça peut être abordable. »

Cette formule met l’accent sur le regroupement. Au lieu d’attendre qu’un entrepreneur porte seul la charge, le Conseil propose une dynamique en consortium ou en petit groupe. Cinq ou six jeunes entrepreneurs pourraient ainsi mutualiser leurs moyens pour créer une unité capable de transformer les déchets plastiques en produits utiles.

L’entrepreneuriat des jeunes environnement prend ici une dimension pratique : investir, produire, répondre à un problème urbain et créer de la valeur à partir d’une matière qui encombre déjà la ville.

Du plastique aux produits utiles

La revalorisation envisagée ne reste pas abstraite. Le recyclage des polymères peut permettre de fabriquer des pavés destinés à l’aménagement des routes et des parcelles. Il peut aussi servir à produire des pipettes, ainsi que d’autres objets d’usage courant. Le Conseil évoque également divers articles en plastique recyclé pouvant contribuer au bien-être de la population.

Dans une ville confrontée à la persistance des déchets plastiques, cette piste donne une nouvelle fonction à des matières souvent perçues seulement comme une source d’insalubrité. Elle ne remplace pas les efforts de collecte, mais elle propose une sortie par la transformation. Le déchet ramassé n’est plus seulement déplacé vers un dépotoir : il peut entrer dans un atelier, changer de forme et revenir sous forme de produit.

Pour le Sud-Kivu déchets plastiques, l’enjeu est donc aussi celui de l’organisation. Sans unités adaptées, la revalorisation reste limitée. Avec des outils de production, les jeunes entrepreneurs pourraient inscrire leur activité dans une chaîne plus lisible, de la collecte à la fabrication.

Un lobbying fiscal annoncé

Le Conseil urbain de la jeunesse dit vouloir accompagner cette dynamique par des actions de lobbying auprès des décideurs politiques. Des démarches sont initiées pour solliciter des autorités compétentes l’octroi d’allégements et d’assouplissements fiscaux spécifiques.

L’objectif affiché est de faciliter l’implantation de nouvelles entreprises de recyclage. Là encore, la proposition reste liée au même fil : rendre possible l’investissement dans les unités de transformation, afin de répondre au défi environnemental par une activité portée par les jeunes et les opérateurs économiques.

À Bukavu, le plastique garde donc son poids dans les rues et les dépotoirs. Mais le Conseil de la jeunesse tente de lui opposer une stratégie de terrain : regrouper les forces, investir dans des machines, transformer les déchets et demander un cadre fiscal plus favorable. La suite dépendra de la capacité des acteurs concernés à convertir cette proposition en initiatives concrètes.

Article Ecrit par Miché Mikito

Source: radiookapi.net

Commenter
Miché Mikito
Miché Mikito
Né au bord du majestueux fleuve Congo, à Kisangani, Miché Mikito vous propose une couverture sportive dynamique et un éclairage unique sur les enjeux environnementaux. Passionné de sport, il suit de près les compétitions locales et internationales tout en restant très attentif à la préservation des richesses naturelles du Congo. Miché est votre guide pour tout ce qui concerne le sport et l’environnement.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Are you human? Please solve:Captcha


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Indépendance, Francophonie et Mondial : le débrief du 30 juin

Le débrief du 30 juin revient sur l’appel citoyen de LFM pour l’indépendance, la vision économique de Juliana Amato Lumumba pour l’OIF et trois affiches marquantes du Mondial 2026.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques