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Kinshasa : Micheline Ombae lance le projet Facilité 1325

La ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a lancé officiellement, jeudi au Pullman Hôtel à Kinshasa, le projet Facilité 1325. Prévue sur trois ans, cette initiative vise à renforcer la mise en œuvre de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité en République démocratique du Congo, dans le cadre du Plan d’Action National de troisième génération adossé à la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

L’enjeu présenté par le ministère du Genre porte d’abord sur la responsabilité publique. Le projet est conçu comme un cadre de coordination destiné à appuyer les politiques publiques, les institutions bénéficiaires et les organisations de la société civile engagées dans la participation des femmes aux processus liés à la paix et à la sécurité.

Un lancement institutionnel à Kinshasa

Lors de son allocution, Micheline Ombae Kalama a inscrit la Facilité 1325 dans une démarche collective. Elle l’a présentée comme un engagement destiné à consolider l’action publique autour des femmes, de la paix et de la sécurité. La ministre a également rattaché cette initiative à la vision du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, centrée sur l’inclusion et la justice sociale.

Elle a aussi salué le leadership de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, présenté comme un modèle de promotion du leadership féminin au sommet de l’État. Dans cette lecture institutionnelle, le projet n’est pas seulement un programme technique. Il est placé dans une continuité politique qui vise à mieux intégrer les femmes dans les dispositifs de décision et de suivi liés à la paix.

La Résolution 1325 comme cadre de référence

Le projet Facilité 1325 s’appuie sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Cette référence donne au programme un cadre précis : soutenir l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité et accompagner le Plan d’Action National de troisième génération en RDC. La durée annoncée de trois ans fixe un calendrier de mise en œuvre qui devra être suivi par les parties prenantes.

Le ministère du Genre présente ainsi cette initiative comme un outil de dynamisation du dispositif existant. Son efficacité dépendra de la capacité des acteurs concernés à coordonner leurs interventions. Expertise France, les institutions bénéficiaires et les organisations de la société civile sont cités parmi les parties prenantes appelées à intervenir dans cette architecture de mise en œuvre.

Les conflits armés en toile de fond

Le programme intervient dans un contexte national marqué par plusieurs décennies de conflits armés. Selon les éléments présentés, le pays déplore près de onze millions de victimes et fait face à des vagues massives de déplacements internes. Les crises récentes du début de l’année 2025, avec l’occupation temporaire de grandes agglomérations de l’Est telles que Goma et Bukavu, ont accentué la vulnérabilité des populations concernées.

Dans ce contexte, Micheline Ombae Kalama a rappelé l’urgence d’associer pleinement les femmes aux instances décisionnelles. Le constat avancé par le ministère est double : les femmes se trouvent en première ligne dans la résilience communautaire, mais leur présence reste insuffisante dans les espaces formels de négociation. Le projet vise donc à réduire cet écart dans les cadres autorisés par les politiques publiques.

Redevabilité et suivi en temps réel

Les autorités ont assorti le lancement d’une exigence de redevabilité. Chaque ressource investie devra produire un impact direct et mesurable sur le quotidien des femmes et des filles. Cette orientation place la gestion du projet sous une obligation de résultat, avec une attention particulière portée à la traçabilité des actions et à leur traduction concrète pour les bénéficiaires visées.

Un mécanisme de suivi et d’évaluation en temps réel doit être déployé pour piloter l’avancement des objectifs et pérenniser les résultats sur le terrain. Cette étape sera déterminante pour vérifier, au fil des trois années prévues, si la Facilité 1325 parvient à renforcer la participation des femmes dans les politiques liées à la paix et à la sécurité en République démocratique du Congo.

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: Actualite.cd

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