Deux cas confirmés de maladie à virus Ebola ont été enregistrés dans le site de déplacés de Kigonze, au quartier Mudzi Pela, à Bunia, dans la province de l’Ituri. La confirmation a été faite ce lundi 22 juin par l’équipe de riposte Ebola, après l’analyse d’échantillons prélevés dans un contexte de décès répétés au sein de ce camp qui accueille plus de 17 000 personnes déplacées.
Cette confirmation concerne deux personnes figurant parmi une dizaine de décès enregistrés les 16 et 17 juin, selon les responsables du site informés par les équipes sanitaires. Depuis ces dates, d’autres décès sont signalés presque chaque jour. Pour les déplacés et les responsables locaux, l’enjeu immédiat est de mieux identifier les cas, de suivre les contacts et de réduire les gestes pouvant favoriser une transmission.
Deux cas confirmés à Kigonze
Les deux cas confirmés au site de déplacés de Kigonze ont été établis à partir d’analyses réalisées sur des échantillons. Dans une maladie comme Ebola, cette étape est essentielle: les symptômes peuvent faire suspecter la maladie, mais seule l’analyse permet de confirmer ou d’écarter un cas.
Le camp est suivi de près parce que plusieurs décès y ont été rapportés depuis le mois de mai. Le gestionnaire du site indique qu’au moins trente déplacés sont morts d’une maladie dont l’origine n’a pas encore été totalement établie. Plusieurs malades présentaient toutefois des signes compatibles avec Ebola, notamment des vomissements et des diarrhées.
Ces symptômes ne suffisent pas, à eux seuls, à poser un diagnostic. C’est pourquoi les prélèvements se poursuivent. Les équipes de riposte cherchent à déterminer si d’autres décès enregistrés dans le camp sont liés à Ebola ou à une autre cause. Cette distinction est importante pour adapter la prise en charge et les mesures de prévention.
Des décès encore examinés
La succession des décès entretient l’inquiétude dans ce site densément peuplé. Dans la matinée de ce lundi 22 juin, une personne est décédée avant que son corps ne soit transféré à Lopa. La veille, trois autres déplacés avaient perdu la vie. Deux décès avaient déjà été enregistrés samedi dernier.
Ces éléments ne signifient pas que tous les décès sont confirmés comme liés à Ebola. Les données disponibles montrent plutôt une situation encore en cours d’examen, avec des analyses qui continuent. La prudence consiste donc à distinguer les cas confirmés, déjà établis par laboratoire, des cas ou décès qui restent à vérifier.
Pour les familles vivant dans le camp, cette période demande une vigilance particulière. Les informations pratiques transmises par les relais communautaires doivent permettre de reconnaître les signes suspects, de signaler rapidement les malades et d’éviter les contacts à risque avec les personnes présentant des symptômes ou avec les corps des personnes décédées.
Surveillance sanitaire dans le camp
Face au risque de propagation, les équipes sanitaires ont renforcé la surveillance sanitaire camp, rapporte le gestionnaire du site. Les agents de riposte procèdent à l’identification et au suivi des personnes ayant été en contact avec les malades. Ce suivi sert à repérer rapidement d’éventuels symptômes et à interrompre les chaînes de transmission.
La recherche des contacts est une mesure centrale dans la réponse à Ebola. Elle consiste à retrouver les personnes qui ont pu être exposées à un malade, puis à les suivre pendant la période nécessaire. Dans un site de déplacés, où les familles vivent dans une forte proximité, cette démarche demande une collaboration étroite entre les équipes sanitaires, les responsables du site et les relais communautaires.
Des séances de formation sont organisées pour ces relais communautaires. Leur rôle est d’expliquer les mesures de prévention aux déplacés avec des mots simples et adaptés au contexte du camp. Cette sensibilisation est d’autant plus nécessaire qu’une partie des habitants remet encore en question l’existence de la maladie et ne respecte pas toujours les mesures recommandées.
Des moyens sanitaires à renforcer
Les responsables de la riposte signalent aussi des limites matérielles au site de Kigonze. Le camp manque notamment de points de lavage des mains, de matériels de contrôle sanitaire et d’espaces adaptés pour la prise en charge des malades. Ces insuffisances compliquent l’application régulière des gestes de prévention.
La manipulation des corps des personnes décédées reste également une préoccupation importante. Dans le contexte d’Ebola, ce contact est considéré comme une pratique à haut risque. Les équipes médicales insistent donc sur la nécessité d’éviter ces manipulations et de laisser les procédures sanitaires encadrer la gestion des décès.
Pour renforcer la réponse, un centre d’isolement devrait être installé prochainement afin d’accueillir les cas suspects et confirmés. À l’échelle nationale, trente-trois jours après la déclaration officielle de l’épidémie, la République démocratique du Congo comptabilisait 896 cas confirmés d’Ebola, dont 232 décès, selon les chiffres donnés le 19 juin par le ministre de la Santé. Au total, 78 personnes ont été déclarées guéries. L’épidémie s’étend à 33 zones de santé, dont 20 en Ituri, province qui concentre près de 91 % des cas enregistrés dans les zones touchées.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
