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VivaTech Paris : la RDC absente de la vitrine Africa Tech

À Paris, la 10e édition de VivaTech met en vitrine l’innovation, l’intelligence artificielle, les startups et la transformation numérique. Mais la République démocratique du Congo n’y dispose d’aucun pavillon national, contrairement à plusieurs pays africains représentés dans l’espace Africa Tech. Cette absence compte parce qu’un salon de ce type sert aussi à rendre visible un écosystème, à présenter des projets et à ouvrir des discussions avec des investisseurs technologiques.

Zimbabwe, Côte d’Ivoire, Sénégal et d’autres États africains utilisent cette plateforme internationale pour promouvoir leurs startups, montrer leurs politiques numériques et attirer l’attention de grands groupes technologiques ainsi que de fonds d’investissement internationaux. Pour la RDC, le contraste est d’autant plus remarqué que le pays est présenté dans la source comme l’un des plus grands marchés numériques du continent et possède des minerais critiques et stratégiques recherchés par l’industrie technologique mondiale.

Un pavillon absent à VivaTech Paris

Sur place, des observateurs rd-congolais s’interrogent sur cette absence. Un web développeur rd-congolais rencontré dans les allées du salon a rappelé que la dernière délégation nationale de la RDC à VivaTech remontait à 2022, en précisant que, depuis, seuls quelques acteurs participent individuellement.

La différence entre une présence individuelle et un pavillon national est importante. Une participation dispersée peut permettre à certains entrepreneurs de nouer des contacts, mais elle ne donne pas la même lisibilité à une stratégie pays. Un pavillon permet généralement de regrouper les startups, les institutions et le message économique autour d’une même vitrine. Dans le cas de la RDC innovation numérique, c’est précisément cette visibilité collective qui semble manquer à cette édition.

Africa Tech, une vitrine pour les États

Interrogé par Eventsrdc.com, Franck Sessegnon, directeur média du groupe AG Partners Publicis Africa, a expliqué que son organisation travaille à renforcer la visibilité du continent à travers Africa Tech. Il indique qu’AG Partners est un réseau d’agences présent sur le marché africain francophone et rattaché au groupe Publicis, organisateur de VivaTech. Son rôle porte particulièrement sur Africa Tech, l’espace de VivaTech consacré à l’Afrique.

Selon lui, le travail de préparation commence plusieurs mois avant l’événement. Les équipes prennent contact avec les startups et les ministères en charge des technologies dans différents pays africains afin de constituer les délégations nationales. Franck Sessegnon présente Africa Tech comme une lucarne où les gouvernements viennent exposer leur écosystème et leur stratégie pour promouvoir l’économie numérique.

Autrement dit, la présence à Africa Tech ne relève pas seulement d’une participation événementielle. Elle sert aussi à organiser un récit économique: quels projets mettre en avant, quelles startups accompagner, quelle vision numérique présenter et quels partenaires chercher. C’est ce mécanisme qui donne de la valeur à une présence nationale structurée.

Une absence que les organisateurs ne tranchent pas

Sur le cas précis de la RDC, Franck Sessegnon reste prudent. Il dit ne pas pouvoir expliquer exactement pourquoi le pays n’est pas représenté par un pavillon national. Il précise toutefois que les équipes ont travaillé pour inviter les startups et n’exclut pas que certains acteurs congolais soient présents de manière anonyme.

Cette prudence laisse une question ouverte, sans permettre d’attribuer une responsabilité précise sur la base des éléments fournis. Le fait établi est plus limité mais significatif: la RDC n’a pas de pavillon national à cette 10e édition, alors que d’autres pays africains profitent de l’espace Africa Tech pour donner une forme plus visible à leur économie numérique.

Bénie Bingweli Koy, consultante en stratégie, conférencière internationale et cofondatrice de Women in Tech, souligne que VivaTech dépasse la simple participation à un salon technologique. Elle le présente comme un espace de diplomatie économique, d’attraction des investissements, de coopération internationale et de valorisation des politiques publiques liées à l’innovation.

Un enjeu de visibilité économique

Pour le lecteur non spécialiste, l’enjeu peut se résumer simplement: dans ce type de rendez-vous, être visible aide à être identifié. Les startups cherchent des contacts, les gouvernements présentent un cadre, et les partenaires potentiels repèrent les marchés où des initiatives sont organisées. L’absence d’un pavillon national ne signifie pas l’absence totale d’acteurs congolais, mais elle réduit la lisibilité collective du pays dans un espace conçu pour cela.

AG Partners indique aussi développer des initiatives locales inspirées d’Africa Tech. Franck Sessegnon explique que des mini Africa Tech sont organisés dans différents pays où le groupe est présent, afin de permettre à ceux qui n’ont pas pu faire le déplacement de découvrir les innovations présentées et de les encourager à participer aux prochaines éditions.

La situation relance donc un débat pratique pour la RDC: quelle place le pays veut-il occuper dans les grands rendez-vous internationaux consacrés aux technologies, à l’innovation et à l’économie numérique ? Les faits disponibles ne permettent pas de conclure sur les raisons de l’absence congolaise. Ils montrent cependant que la visibilité institutionnelle reste un levier important lorsque des pays cherchent à présenter leurs écosystèmes numériques et à attirer des investissements technologiques.

Article Ecrit par Amissi G

Source: Eventsrdc

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