A Beni, au Nord-Kivu, l’Association des femmes pour la nutrition à assise communautaire mise sur la formation professionnelle pour renforcer l’autonomisation des femmes vulnérables. Lundi 15 juin, l’ONG AFNAC, en collaboration avec la MONUSCO, a organisé une session consacrée aux activités génératrices de revenus en faveur d’environ une cinquantaine de femmes du quartier Boikene.
Pour les organisateurs, l’enjeu est concret: permettre à ces participantes d’acquérir des compétences simples, directement liées à de petites activités commerciales, afin de mieux faire face à la précarité économique et sociale. « Autonomiser une femme, c’est amener la paix. Autonomiser une femme, c’est élever le niveau de vie des familles », a déclaré l’ONG AFNAC lors de cette activité.
A Boikene, une formation pensée pour des revenus concrets
La formation aux activités génératrices de revenus cible des femmes dont les possibilités économiques restent limitées. Selon Benge Mukengere, coordinatrice de l’ONG AFNAC, les bénéficiaires viennent du quartier Boikene et présentent, pour la plupart, un niveau d’instruction généralement bas. Cette situation est liée aux différents conflits armés qui touchent la région, d’après les éléments fournis par l’organisation.
Ce faible niveau d’instruction peut freiner leur autonomisation. Il peut aussi les maintenir dans une dépendance économique et sociale, faute d’accès à des outils pratiques pour lancer ou gérer une activité. C’est dans cette logique que l’AFNAC présente la formation professionnelle comme une réponse adaptée: apprendre un métier ou une activité, comprendre comment l’organiser, puis chercher à la développer progressivement.
Des métiers accessibles pour démarrer une activité
Les participantes ont choisi plusieurs domaines d’apprentissage liés à des besoins courants et à des activités de proximité. Il s’agit notamment de la coupe et couture, de la pâtisserie, de la friperie, ainsi que de la vente de tomates, de braises et de farine de manioc. Ces choix montrent une orientation pratique: partir d’activités que les femmes peuvent comprendre, exercer et gérer dans leur environnement immédiat.
Dans une économie de ménages, ce type de formation peut avoir un effet direct lorsqu’il permet à une femme de mieux organiser une activité, de suivre ses dépenses, d’identifier ses clients et de développer progressivement son commerce. La source ne donne pas de montant, de capital de départ ni de projection financière. L’effet attendu reste donc présenté avec prudence: il s’agit d’un appui aux compétences, destiné à ouvrir des possibilités d’autonomisation et de participation économique locale.
Droits, cohésion sociale et rôle de la MONUSCO
Les organisateurs indiquent que la session ne s’est pas limitée aux métiers et aux petites activités commerciales. Pour une approche plus globale, les participantes ont aussi été outillées sur leurs droits, la cohésion sociale, la masculinité positive et le mandat de la MONUSCO en RDC. Cette articulation entre économie et vie communautaire traduit l’idée que l’autonomisation ne se limite pas à gagner un revenu: elle comprend aussi la connaissance de ses droits et la capacité à participer à la recherche de la paix dans son milieu.
« Les femmes avaient besoin d’un soutien pour être formées aux activités génératrices de revenus. Nous sommes en train de les former aux droits des femmes, à la cohésion sociale, à l’implication des femmes dans la recherche de la paix dans la ville de Beni, ainsi qu’à leur autonomisation », a fait savoir Benge Mukengere.
Une autonomie économique liée au développement local
Pour la coordinatrice de l’AFNAC, les activités commerciales apprises peuvent contribuer au développement local des communautés dans lesquelles vivent ces femmes. L’affirmation reste centrée sur un mécanisme simple: une femme formée peut mieux exercer une activité, améliorer ses capacités de gestion et participer davantage à la vie économique de son quartier.
A Beni, cette initiative place donc l’autonomisation des femmes vulnérables au croisement de deux besoins: créer des moyens de subsistance et renforcer la cohésion sociale. Les résultats dépendront de la capacité des bénéficiaires à transformer les apprentissages reçus en activités durables. Mais, à ce stade, le fait documenté est clair: l’AFNAC et la MONUSCO ont choisi la formation comme point d’entrée pour soutenir des femmes de Boikene confrontées à la précarité.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
