L’enclavement du Sankuru apparaît comme le point de blocage central de l’activité économique dans cette province. Lundi 15 juin à Lodja, le vice-Premier ministre en charge de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a établi ce constat au cours d’une mission consacrée à l’évaluation des difficultés qui freinent les échanges et le fonctionnement du marché local.
Selon le ministère de l Economie, cette mission doit permettre d’identifier les éléments qui ralentissent les activités économiques et de rechercher des solutions adaptées. Le problème posé est concret: quand l’accès à une province devient difficile, le transport des marchandises se complique, les délais s’allongent et les prix payés par les consommateurs peuvent fortement augmenter.
À Lodja, les prix traduisent l’isolement
Daniel Mukoko Samba a illustré l’impact de l’enclavement du Sankuru par des écarts de prix entre Kinshasa et Lodja. Une bouteille de Coca-Cola vendue à environ 2 500 francs congolais dans la capitale coûte près de 8 000 francs à Lodja. Pour un même produit, le consommateur de Lodja supporte donc un prix nettement plus élevé.
Le même mécanisme est observé sur d’autres produits cités lors de la mission. Une bouteille de bière peut atteindre 11 000 à 12 000 francs congolais. Un sac de ciment se négocie autour de 50 dollars américains. Ces montants donnent une indication simple de la pression exercée sur le cout de la vie lorsque les marchandises arrivent difficilement dans une zone de consommation.
Dans une économie locale, ces écarts ne concernent pas seulement les achats courants. Ils touchent aussi les produits utilisés dans la construction ou dans les activités commerciales. Le prix du ciment, par exemple, pèse directement sur les dépenses liées aux travaux et aux projets qui en dépendent, dans la limite des éléments relevés par la mission.
Le transport renchérit les marchandises
Pour le vice-Premier ministre en charge de l’Économie, la situation s’explique notamment par les difficultés de transport vers le Sankuru. Le mauvais état des routes limite fortement les déplacements. Cette contrainte réduit les possibilités d’acheminement direct et pousse les opérateurs économiques à recourir principalement à la voie fluviale pour faire parvenir les marchandises.
Le lien économique est donc clair: lorsque la route ne permet pas de transporter facilement les biens, l’approvisionnement devient plus complexe. Les marchandises parcourent des circuits plus contraints, ce qui se répercute sur les conditions de vente dans les localités concernées. À Lodja, les prix cités par Daniel Mukoko Samba servent ainsi d’exemples pratiques de cette chaîne de coûts.
« Le principal problème dans cette province, c’est son enclavement. C’est ce problème fondamental qu’il faut régler », a déclaré Daniel Mukoko Samba. Cette phrase résume l’enjeu de la mission: avant de parler de dynamisme commercial, il faut d’abord traiter la difficulté d’accès au territoire.
Une mission pour cerner les blocages
La présence de Daniel Mukoko Samba à Lodja s’inscrit dans une démarche d’évaluation. D’après le ministère de l Economie, il s’agit de comprendre les freins qui pèsent sur les activités économiques et de repérer les réponses possibles. La mission ne se limite donc pas au constat des prix; elle cherche aussi à relier ces prix aux causes qui les produisent.
Dans ce cadre, l’enclavement du Sankuru est présenté comme le problème prioritaire. Les difficultés d’accès affectent à la fois le coût de la vie et les échanges commerciaux. Pour les ménages, cela signifie des produits plus chers. Pour les opérateurs économiques, cela signifie des contraintes supplémentaires pour transporter et vendre les marchandises.
L’intégration commerciale en question
Le ministère espère que cette mission permettra d’identifier des réponses concrètes aux difficultés économiques locales. L’objectif mentionné est aussi d’améliorer l’intégration du Sankuru aux circuits commerciaux nationaux. Cette formulation renvoie à un enjeu pratique: permettre à la province de mieux participer aux échanges avec le reste du pays.
À ce stade, les faits disponibles établissent surtout un diagnostic. Le Sankuru souffre d’un accès difficile, les routes en mauvais état limitent les déplacements et la voie fluviale devient le principal recours pour l’acheminement des marchandises. Les prix relevés à Lodja montrent comment cette situation se traduit dans la vie quotidienne et dans les transactions économiques locales.
La suite dépendra des réponses qui seront retenues à l’issue de l’évaluation. Mais le message porté à Lodja par Daniel Mukoko Samba fixe déjà la priorité économique: réduire l’isolement de la province pour alléger les contraintes qui pèsent sur les échanges et sur le cout de la vie.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
