La gestion de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo en République démocratique du Congo suscite de vives critiques. Lors d’un Live Space animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l’opposant Seth Kikuni, membre de Sauvons la RDC, a dressé un réquisitoire sévère contre le président Félix Tshisekedi. « Rien de sérieux n’est entrepris pour contenir cette crise », a-t-il déclaré, pointant des faiblesses qui pourraient avoir des conséquences concrètes pour la population.
Une réponse sanitaire jugée insuffisante
Selon Seth Kikuni, l’attitude du chef de l’État reflète un manque d’engagement. Il a relevé que pendant que le pays fait face à une épidémie grave, le président a célébré son anniversaire, assisté à la finale de la Ligue des champions et s’est rendu aux États-Unis. Aucune visite en zone épidémique ni envoi de hauts représentants gouvernementaux n’a été signalé, hormis la présence du ministre de la Communication à Bunia. Pour l’opposant, cette présence est « pas suffisante ».
Cette perception d’une réponse faible peut affecter la confiance des communautés locales. En santé publique, la visibilité des autorités est un facteur clé pour encourager l’adhésion aux mesures de prévention. Sans implication visible, les messages de sensibilisation risquent de perdre en efficacité, compliquant le travail des équipes sur le terrain.
Des répercussions diplomatiques et pratiques
Kikuni a averti que la RDC est « presque placée sur une liste noire » par la communauté internationale, qui observe avec inquiétude l’insuffisance des moyens déployés. Il a précisé que des visas sont déjà annulés en raison de la crise. Ces restrictions peuvent entraver les déplacements des citoyens, des professionnels de santé et des humanitaires, ralentissant la réponse à l’épidémie.
L’isolement diplomatique a aussi un impact économique indirect. Les échanges transfrontaliers, essentiels pour les ménages des zones touchées, pourraient être perturbés si les pays voisins durcissent leurs contrôles. La défiance internationale risque de réduire l’aide financière et technique, pourtant cruciale pour contenir le virus.
Un contraste qui interroge la gouvernance
L’opposant a souligné le contraste entre l’agenda festif et international du président et la gravité de la situation sanitaire. Ce décalage nourrit un sentiment de déconnexion des réalités du terrain. Pour les populations affectées, l’absence de leadership visible peut miner la crédibilité des institutions et compliquer la mise en œuvre des mesures barrières.
Une communication cohérente et une présence active des autorités sont des piliers de la gestion des épidémies. Sans cela, les rumeurs et la méfiance peuvent se propager, augmentant les risques de transmission. Les critiques de Seth Kikuni mettent en lumière des enjeux qui dépassent le seul cadre politique : ils touchent à l’efficacité même de la riposte sanitaire.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
