Actualité RDC aujourd’hui : voici les principaux faits publiés par CongoQuotidien ce 13/06/2026. Cette journée met en lumière une convergence de crises politiques et sécuritaires qui secouent la République démocratique du Congo, de la répression d’une manifestation à Kinshasa aux redditions de combattants dans le Sud-Kivu, en passant par les appels à la résistance de l’ancien président Joseph Kabila et les révélations accablantes sur la contrebande de minerais.
1. Kinshasa : la répression d’une marche de l’opposition blesse Martin Fayulu et relance la crainte d’un 3e mandat
Ce jeudi 12 juin, Kinshasa a été le théâtre d’une manifestation violemment réprimée, relançant le débat sur l’avenir institutionnel du pays. La coalition d’opposition « C64 » avait appelé à un sit-in devant le Palais du Peuple pour protester contre un éventuel changement constitutionnel qui ouvrirait la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi. L’interdiction de la marche par les autorités urbaines n’a pas empêché des milliers de sympathisants de se mobiliser, mais leur détermination s’est heurtée à un dispositif policier qui a fait usage de gaz lacrymogènes et de tirs de sommation. Parmi les blessés figurent des figures de l’opposition : Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Ados Ndombasi. Un bilan humain qui interroge sur le prix de la contestation citoyenne. Lire l’article complet.
Dès les premières heures de la matinée, un calme précaire régnait autour du Palais du Peuple, où un important dispositif de la Police nationale congolaise avait été déployé. Les principaux axes menant au siège du Parlement étaient bloqués, conformément à l’interdiction prononcée la veille par les autorités de la ville. Pourtant, selon Prince Epenge, porte-parole de la coalition « C64 », plus de 20 000 sympathisants s’étaient mobilisés pour participer à cette action de protestation. Réunis au siège de l’ECiDé sur le boulevard Triomphal, les militants ont tenté, en début d’après-midi, de marcher vers le Parlement. Ce face-à-face tendu avec les forces de l’ordre a duré plus d’une heure, avant que les manifestants ne soient repoussés à plusieurs centaines de mètres de leur objectif. La dispersion de la foule a laissé des traces visibles sur les corps et dans les esprits. Les organisateurs rapportent que Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Ados Ndombasi ont été blessés lors de l’intervention policière. Au-delà de ces personnalités, plusieurs manifestants anonymes ont également été touchés, et la coalition évoque même des morts. Ce bilan, qui n’a pu être confirmé ni par des sources indépendantes ni par les autorités au moment de la publication, soulève une question lancinante : jusqu’où peut aller la répression d’une contestation politique dans un État de droit ? L’absence de réaction gouvernementale immédiate ajoute à l’incertitude et laisse les citoyens face à leurs inquiétudes.
Au cœur de la mobilisation, la crainte d’un changement de la Constitution pour permettre un troisième mandat à Félix Tshisekedi cristallise les tensions. Ce scénario, déjà vécu dans d’autres pays de la région, ravive les souvenirs de crises politiques passées et place la population dans une position d’attente anxieuse. La coalition « C64 » entend incarner un front du refus, mais la réponse musclée des forces de l’ordre risque de radicaliser les positions. Pour le citoyen ordinaire, déjà éprouvé par un quotidien difficile, cette énième confrontation entre pouvoir et opposition semble éloigner un peu plus la perspective d’un débat apaisé sur l’avenir du pays. Alors que la circulation a été fortement perturbée dans le secteur du Palais du Peuple, les conséquences de cette journée dépassent le simple désordre urbain. La répression d’une manifestation pacifique, même interdite, interroge sur la capacité des institutions à tolérer la dissidence. Les blessures infligées aux leaders de l’opposition pourraient galvaniser leurs partisans ou, au contraire, décourager de futures mobilisations. Dans un climat où la parole publique est sous tension, la société civile observe, partagée entre la peur et la nécessité de se faire entendre. Le silence du gouvernement, pour l’heure, ne fait qu’épaissir le brouillard.
2. RDC : Joseph Kabila appelle à la résistance contre la révision constitutionnelle
Dans un message diffusé le 11 juin, Joseph Kabila accuse le pouvoir de violer la Constitution et appelle à une mobilisation citoyenne contre la réforme. L’ancien chef de l’État estime que l’adoption de la loi référendaire à l’Assemblée nationale marque une rupture politique majeure. Il y voit une mise en cause directe de l’ordre constitutionnel et une tentative de banaliser un débat qui touche au verrou des mandats présidentiels. Lire l’article complet.
Dans son message, Joseph Kabila invoque l’article 64 de la Constitution et appelle les Congolais à se mobiliser dans leurs quartiers, leurs villes et leurs villages pour, selon lui, défendre la légalité constitutionnelle. Le ton employé confirme une escalade verbale nette dans le camp de l’opposition institutionnelle. Cette sortie intervient dans un contexte de forte crispation. Le 12 juin, des forces de sécurité ont dispersé à Kinshasa un sit-in de la coalition C64, organisé contre le projet de révision constitutionnelle que ses opposants associent à la perspective d’un troisième mandat pour Félix Tshisekedi. Au-delà de la formule politique, cette prise de parole replace Joseph Kabila dans le jeu national à un moment où le débat institutionnel quitte le registre parlementaire pour entrer dans une phase de confrontation plus ouverte. Le pouvoir, lui, continue de soutenir que la réforme peut suivre la voie référendaire.
3. Nord-Kivu et Ituri : les députés suspendent leur participation à l’Assemblée nationale
Les élus du Nord-Kivu et de l’Ituri ont annoncé, ce samedi 13 juin 2026, la suspension de leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale pour protester contre l’absence de débat sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, marquée par l’état de siège et l’agression rwandaise présumée. Lire l’article complet.
À l’initiative du député Daniel Furaha Uma, élu de Mahagi en Ituri, les parlementaires ont quitté la salle plénière en signe de protestation. Ils dénoncent un manque de considération de certains collègues face à la gravité de la crise. « Nous, députés du Nord-Kivu et de la province de l’Ituri, décidons ce jour de suspendre notre participation à la session ordinaire en cours ainsi qu’à la session extraordinaire à venir, jusqu’à ce que le bureau convoque les ministres concernés et que cette question soit débattue », a déclaré Daniel Furaha Uma devant la presse. Les élus conditionnent leur retour à l’adoption de résolutions concrètes pour mettre fin aux massacres des populations civiles. Ils estiment que la représentation nationale ne peut rester silencieuse alors que les violences s’intensifient. « Aujourd’hui, si ces populations sont exterminées, qui va nous voter ? Auprès de qui allons-nous rentrer pour rendre compte ? C’est inadmissible », a ajouté le député.
Proclamé en mai 2021, l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri totalise désormais cinq années. Cette mesure exceptionnelle, censée rétablir l’autorité de l’État, est dénoncée par de nombreux acteurs sociopolitiques en raison de l’absence de résultats sur le terrain. Les groupes armés, notamment les ADF, continuent de défier les forces de sécurité et de semer la désolation parmi les civils. La situation s’est particulièrement dégradée dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, où les terroristes des ADF multiplient les attaques. « Il y a deux jours, la ville de Beni a été attaquée et la population a été massacrée sauvagement », a rappelé Daniel Furaha Uma. Les élus s’inquiètent également de l’expansion des rebelles dans la province du Haut-Uele, avec des risques accrus de déplacements de populations et de déstabilisation. Les députés du Nord-Kivu et de l’Ituri réclament la convocation des ministres de l’Intérieur et de la Défense devant l’Assemblée nationale. Ils veulent que ces responsables s’expliquent sur l’évolution de la situation sécuritaire et les mesures envisagées pour protéger les civils. Cette exigence intervient alors que la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, occupe de vastes portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Malgré les initiatives militaires et diplomatiques, notamment celles menées par les États-Unis et le Qatar, les hostilités se poursuivent. La communauté internationale estime qu’une solution uniquement militaire est insuffisante et appelle à une approche politique. La suspension de la participation des députés du Nord-Kivu et de l’Ituri pourrait paralyser une partie des travaux parlementaires. Elle met en lumière les divisions au sein de la représentation nationale sur la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est. Les prochains jours diront si le bureau de l’Assemblée nationale accédera à leur demande de débat.
4. Masisi : 30 écoles fermées à cause des combats entre FARDC et M23
La société civile de Katoyi rapporte que 30 écoles primaires et secondaires sont fermées dans le territoire de Masisi, privant des milliers d’enfants d’éducation. Les affrontements entre FARDC, groupes Wazalendo et AFC/M23 ont rendu ces établissements inaccessibles ou endommagés, perturbant aussi le bien-être psychosocial des élèves. Lire l’article complet.
La coordination locale de la société civile a recensé, dans le seul secteur de Katoyi, 10 écoles secondaires et 20 écoles primaires fermées ou devenues inaccessibles. Ces établissements sont soit directement endommagés par les combats, soit situés dans des zones où la présence des groupes armés rend tout déplacement trop risqué pour les élèves et les enseignants. La crise ne se limite pas à ce secteur. Dans le secteur d’Osso Banyungu et en chefferie des Bahunde, d’autres écoles n’ont plus fonctionné depuis novembre 2025. Les violences armées y ont perturbé presque toute l’année scolaire, empêchant la poursuite normale des cours. Les autorités de la province éducationnelle Nord-Kivu 3 confirment cette situation et précisent que certains élèves finalistes du primaire, de la 8e de base et de la 4e des humanités ont pu être transférés vers des centres d’examens encore opérationnels pour participer aux épreuves nationales. Même lorsque les écoles restent ouvertes, les conditions d’apprentissage sont extrêmement difficiles. Dans des localités comme Nyamaboko, Ufamandu, les environs de Nyabiondo, Ngungu et Rubaya, les cours sont régulièrement interrompus par la reprise des combats. Le rapport de la société civile souligne que les élèves étudient dans un climat marqué par l’incertitude, la peur et une forte anxiété liée à la proximité des violences. Cette instabilité affecte non seulement la continuité pédagogique, mais aussi le bien-être psychosocial des enfants, un aspect souvent négligé dans les situations d’urgence. Face à cette dégradation, l’ONG ActionAid a lancé en février 2026 un projet d’éducation d’urgence de 18 mois, qui s’étendra jusqu’en juillet 2027. Déployé dans la zone de santé de Kiroshe, en chefferie des Bahunde, ce projet vise à rétablir l’accès à une éducation sûre, renforcer la protection des enfants et soutenir les femmes vulnérables. Cette initiative intervient dans un contexte provincial alarmant : en février 2026, ActionAid estimait que plus de 431 000 enfants étaient hors du système scolaire et que 1 142 écoles étaient fermées à travers le Nord-Kivu. Sans amélioration du contexte sécuritaire, les efforts pour garantir une éducation pour tous risquent de rester insuffisants, laissant une génération entière face à un avenir incertain.
5. ENAFEP 2026 : plus de 6 000 absents au Nord-Kivu 1 sous l’effet de l’insécurité
Un rapport d’évaluation révèle que 6 019 candidats, dont 1 832 filles, n’ont pas participé à l’ENAFEP dans le Nord-Kivu 1. L’insécurité et les frais scolaires sont en cause, affectant particulièrement Rutshuru, Nyiragongo et la périphérie de Goma. Lire l’article complet.
Sur un total de 46 769 inscrits, dont 22 648 filles, 6 019 élèves — parmi lesquels 1 832 filles — n’ont pas pris part aux examens. Les autorités éducatives pointent la dégradation continue de la situation sécuritaire comme facteur explicatif majeur. Les déplacements massifs de populations, provoqués par les violences armées, ont fortement perturbé le déroulement de l’année scolaire et empêché de nombreux élèves de se présenter aux épreuves. Les sous-divisions de Rutshuru 1, 2, 3 et 5, ainsi que le territoire de Nyiragongo, figurent parmi les zones les plus affectées. Les affrontements et attaques récurrentes y ont provoqué des déplacements massifs de populations, interrompant la scolarité de nombreux enfants. Dans ces entités, les familles contraintes de fuir n’ont souvent d’autre choix que d’abandonner le parcours scolaire de leurs enfants, ce qui se traduit par des taux d’absence élevés aux examens nationaux. Des localités comme Lusuli, Mirangi, Ibuga, Kashuga, Birambizo et Kanyangohe-Karambi enregistrent des taux d’abandon scolaire particulièrement élevés. L’exposition régulière aux violences armées y compromet le maintien des élèves à l’école et leur participation aux examens nationaux. Ces zones demeurent régulièrement exposées aux conflits, rendant difficile toute continuité éducative. Outre l’insécurité, les autorités évoquent un autre obstacle : les contributions financières exigées dans certaines écoles publiques. Bien que l’enseignement primaire soit officiellement gratuit en République démocratique du Congo, ces frais pèsent sur des familles déjà fragilisées par la crise. Cette pratique, relevée par les responsables scolaires, aggrave les difficultés d’accès à l’éducation dans un contexte de déplacements et de précarité économique. Le rapport d’évaluation souligne que ces exigences financières, même modestes, peuvent constituer un motif supplémentaire de non-participation aux examens. Pour les ménages déplacés ou appauvris par l’insécurité, chaque dépense liée à la scolarité devient un arbitrage difficile, au détriment de la poursuite des études. La situation n’épargne pas les zones urbaines. Les sous-divisions de Himbi et Karisimbi 2, situées dans la périphérie de Goma, sont aussi concernées par ces absences. La présence de nombreux déplacés internes dans ces centres urbains confirme que l’impact de la crise sécuritaire dépasse les seules zones rurales. Les élèves issus de ces familles déplacées subissent les mêmes ruptures de scolarité que ceux restés dans les territoires en proie aux violences. Cette forte absence à l’ENAFEP illustre les défis structurels du système éducatif dans les zones en conflit. Entre insécurité persistante, déplacements de populations et obstacles économiques, l’accès à une éducation continue reste un enjeu majeur pour des milliers d’enfants au Nord-Kivu. Le rapport ne précise pas les mesures envisagées pour les candidats absents, mais le constat documenté appelle une réponse coordonnée des autorités éducatives et sécuritaires.
6. Contrebande de coltan : Global Witness documente le rôle du M23 et les failles des systèmes de traçabilité
Une enquête de Global Witness révèle que plus de 2 000 tonnes de coltan de contrebande, extraites des mines de Rubaya sous contrôle du M23, alimentent les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les exportations rwandaises ont doublé, et les mécanismes de diligence raisonnable n’ont pas empêché ce trafic. Lire l’article complet.
Les mines de Rubaya, qui fournissent environ 15 % du tantale mondial, sont devenues une source de revenus majeure pour le M23, selon l’organisation. Ce groupe armé, soutenu par l’armée rwandaise d’après Global Witness, contrôle de vastes territoires dans l’est de la RDC. Il est accusé d’exactions graves : meurtres, déplacements massifs de civils, enlèvements et actes de torture. L’enquête a suivi pendant un an le cheminement du coltan, depuis son extraction jusqu’aux fonderies, en passant par un acheminement clandestin à travers la frontière rwandaise. Global Witness a constaté que les exportations de coltan du Rwanda ont plus que doublé ces trois dernières années. L’organisation a identifié sept entreprises responsables de 85 % de ces exportations. Des entretiens avec des trafiquants ont révélé qu’au moins cinq d’entre elles achetaient du coltan de conflit congolais pour le revendre à des fonderies en Chine ou au Kazakhstan, via des intermédiaires. Une fois introduit frauduleusement au Rwanda, le minerai devient difficile à tracer, et sa destination finale reste opaque. L’enquête met en cause les mécanismes de diligence raisonnable, notamment le système ITSCI, utilisé par de nombreuses entreprises internationales. Selon Global Witness, ce dispositif servirait à blanchir une grande partie du coltan de contrebande. Le coltan lié au conflit aurait également pu intégrer un système alternatif, Better Mining. Les audits de la Responsible Minerals Initiative (RMI) n’auraient pas permis d’identifier le minerai de conflit dans les chaînes d’approvisionnement des fonderies. Le coltan, une fois transformé en tantale, entre dans la fabrication de condensateurs, composants essentiels des appareils électroniques. Global Witness estime que du coltan de conflit a pu se retrouver dans des produits de marques comme Microsoft, Vodafone, Sony, Amazon, Nvidia, LG Display, Ericsson, Toyota et Apple. L’organisation souligne que, quinze ans après l’émergence de mécanismes visant à briser le lien entre minerais et conflits dans la région des Grands Lacs, la guerre en RDC a mis ces systèmes à l’épreuve, sans succès. Ces révélations interviennent alors que l’offensive de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, se poursuit dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Le gouvernement congolais dénonce depuis des années une « guerre économique » motivée par le pillage des ressources minières. Kigali rejette systématiquement ces accusations. Les efforts diplomatiques, notamment sous l’égide des États-Unis à Washington et lors des discussions de Doha, n’ont pas encore abouti à un règlement durable du conflit.
7. Sud-Kivu : 22 combattants Twirwaneho-M23 déposent les armes à Fizi et Mwenga
Les FARDC annoncent la reddition de 22 rebelles de la coalition Twirwaneho-M23/Red Tabara après des affrontements à Mikenge, Kakenge et Mont Sinaï. Cinq ont été capturés, 17 se sont rendus volontairement. Les ex-combattants appellent leurs frères à quitter les groupes armés. Lire l’article complet.
Selon l’état-major des opérations Sukola 2 Sud-Kivu, cinq rebelles ont été capturés et dix-sept autres se sont volontairement rendus lors d’affrontements à Mikenge, Kakenge et Mont Sinaï, dans le secteur d’Itombwe, à cheval entre les territoires de Fizi et de Mwenga. Ces localités, situées dans une zone montagneuse difficile d’accès, constituent un bastion historique des groupes armés opérant dans la région. Présentés au commandant des opérations Sukola 2 Sud-Kivu, le colonel d’état-major Apoko Bangala Michel, les ex-combattants ont bénéficié d’un accueil jugé digne avant d’être conduits au poste de commandement de la 13ᵉ brigade de réaction rapide pour un réarmement moral. Cette procédure standard vise à évaluer leur état psychologique et à préparer leur éventuelle réintégration dans le processus de paix. Parmi eux figure un jeune membre de la communauté Banyamulenge, ancien élément du groupe armé Twirwaneho. Après sa reddition, il a affirmé avoir été victime de manipulations et salué le traitement reçu au sein de l’armée congolaise. Son témoignage met en lumière les dynamiques de recrutement forcé et de désinformation qui alimentent les rangs rebelles dans cette partie du Sud-Kivu. « Contrairement à ce qui est souvent raconté, j’ai été bien accueilli par les FARDC. Je me sens en sécurité et je reçois un traitement digne. J’ai compris que certaines personnes cherchent à nous diviser à travers de fausses informations. J’appelle mes frères qui sont encore dans les rangs de Twirwaneho à quitter ce mouvement et à se rendre aux FARDC, car c’est l’armée nationale chargée d’assurer la sécurité de la population et de ses biens », a-t-il déclaré. Un autre combattant ayant fait défection a lancé un appel similaire à ses anciens compagnons : « J’invite mes frères de la communauté Banyamulenge qui se trouvent encore dans les groupes armés à déposer les armes et à rejoindre le processus de paix. La guerre n’apporte que des souffrances. Nous devons tous contribuer au retour de la stabilité et de la cohabitation pacifique dans notre région. » Ces déclarations, bien que ponctuelles, pourraient influencer d’autres combattants hésitants, dans un contexte où les opérations militaires s’intensifient. Pour le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan, porte-parole des opérations Sukola 2 Sud-Kivu, ces redditions traduisent l’impact des opérations menées par les FARDC dans cette partie du Sud-Kivu et la volonté croissante de certains combattants de regagner la vie civile et de participer aux efforts de pacification. L’officier a toutefois rappelé que la situation sécuritaire reste volatile, et que les opérations se poursuivent pour neutraliser les poches de résistance restantes. Ces redditions interviennent alors que les FARDC multiplient les offensives contre les groupes armés dans les hauts plateaux, une région marquée par des conflits communautaires récurrents. Le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) demeure un défi majeur pour les autorités, qui doivent garantir la sécurité des ex-combattants tout en évitant les récidives. Les prochaines étapes incluront un profilage approfondi des individus et, le cas échéant, leur orientation vers des programmes de réinsertion socio-économique.
