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ENAFEP 2026 : plus de 6 000 absents au Nord-Kivu 1 sous l’effet de l’insécurité

Plus de 6 000 candidats ne se sont pas présentés à l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP) dans la province éducationnelle du Nord-Kivu 1, selon un rapport d’évaluation rendu public cette semaine. Les épreuves, organisées les 4 et 5 juin 2026, ont enregistré un taux d’absence significatif, principalement attribué à l’insécurité persistante dans la région.

Sur un total de 46 769 inscrits, dont 22 648 filles, 6 019 élèves — parmi lesquels 1 832 filles — n’ont pas pris part aux examens. Les autorités éducatives pointent la dégradation continue de la situation sécuritaire comme facteur explicatif majeur. Les déplacements massifs de populations, provoqués par les violences armées, ont fortement perturbé le déroulement de l’année scolaire et empêché de nombreux élèves de se présenter aux épreuves.

Rutshuru et Nyiragongo, épicentres des absences

Les sous-divisions de Rutshuru 1, 2, 3 et 5, ainsi que le territoire de Nyiragongo, figurent parmi les zones les plus affectées. Les affrontements et attaques récurrentes y ont provoqué des déplacements massifs de populations, interrompant la scolarité de nombreux enfants. Dans ces entités, les familles contraintes de fuir n’ont souvent d’autre choix que d’abandonner le parcours scolaire de leurs enfants, ce qui se traduit par des taux d’absence élevés aux examens nationaux.

Des localités comme Lusuli, Mirangi, Ibuga, Kashuga, Birambizo et Kanyangohe-Karambi enregistrent des taux d’abandon scolaire particulièrement élevés. L’exposition régulière aux violences armées y compromet le maintien des élèves à l’école et leur participation aux examens nationaux. Ces zones demeurent régulièrement exposées aux conflits, rendant difficile toute continuité éducative.

Des frais scolaires en contradiction avec la gratuité officielle

Outre l’insécurité, les autorités évoquent un autre obstacle : les contributions financières exigées dans certaines écoles publiques. Bien que l’enseignement primaire soit officiellement gratuit en République démocratique du Congo, ces frais pèsent sur des familles déjà fragilisées par la crise. Cette pratique, relevée par les responsables scolaires, aggrave les difficultés d’accès à l’éducation dans un contexte de déplacements et de précarité économique.

Le rapport d’évaluation souligne que ces exigences financières, même modestes, peuvent constituer un motif supplémentaire de non-participation aux examens. Pour les ménages déplacés ou appauvris par l’insécurité, chaque dépense liée à la scolarité devient un arbitrage difficile, au détriment de la poursuite des études.

La périphérie de Goma également touchée

La situation n’épargne pas les zones urbaines. Les sous-divisions de Himbi et Karisimbi 2, situées dans la périphérie de Goma, sont aussi concernées par ces absences. La présence de nombreux déplacés internes dans ces centres urbains confirme que l’impact de la crise sécuritaire dépasse les seules zones rurales. Les élèves issus de ces familles déplacées subissent les mêmes ruptures de scolarité que ceux restés dans les territoires en proie aux violences.

Cette forte absence à l’ENAFEP illustre les défis structurels du système éducatif dans les zones en conflit. Entre insécurité persistante, déplacements de populations et obstacles économiques, l’accès à une éducation continue reste un enjeu majeur pour des milliers d’enfants au Nord-Kivu. Le rapport ne précise pas les mesures envisagées pour les candidats absents, mais le constat documenté appelle une réponse coordonnée des autorités éducatives et sécuritaires.

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: radiookapi.net

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