La vente libre du Tramadol, un antalgique puissant, est désormais interdite dans toute la province du Maniema. Le ministre provincial de la Santé, Dr Alexis Tchomba, a annoncé jeudi 11 juin sur Radio Okapi que ce médicament ne pourra plus être délivré sans une ordonnance signée par un médecin. Cette décision répond à une augmentation préoccupante de l’usage détourné de ce produit, particulièrement chez les jeunes, observée dans plusieurs localités de la province. En restreignant l’accès au Tramadol, les autorités sanitaires entendent protéger la population contre les risques sanitaires liés à sa consommation abusive.
Un médicament détourné de son usage thérapeutique
Le Tramadol est un analgésique prescrit pour soulager des douleurs modérées à sévères. Mais son utilisation en dehors du cadre médical est devenue un phénomène répandu au Maniema, selon le Dr Tchomba. « Nous avons instruit qu’on décourage la vente du Tramadol dans les structures pharmaceutiques sans ordonnance signée par un médecin », a-t-il déclaré. Le ministre rappelle que ce produit, consommé de manière excessive ou sans raison médicale, peut entraîner des conséquences graves sur la santé, notamment en affectant le système nerveux. Cette mise en garde souligne l’importance de respecter les indications thérapeutiques pour éviter des dommages parfois irréversibles.
Des sanctions pour les contrevenants
Pour faire respecter cette mesure, les autorités sanitaires prévoient des sanctions sévères. « Toute personne qui délivrera ou vendra ce produit sans prescription médicale sera sévèrement sanctionnée », a averti le Dr Tchomba. L’objectif est de renforcer le contrôle de la distribution du Tramadol afin de limiter son accès en dehors du circuit thérapeutique. Les pharmacies et autres points de vente sont donc tenus de vérifier systématiquement la présence d’une ordonnance avant toute délivrance. Cette exigence vise à responsabiliser les professionnels de santé et à réduire les risques de détournement.
La sensibilisation comme pilier de la prévention
Au-delà de l’interdiction, le ministre provincial de la Santé mise sur l’information des populations. Il appelle à intensifier les campagnes de sensibilisation, en particulier à Kindu et dans toute la province. « La sensibilisation continue pour la non-utilisation du Tramadol dans la ville de Kindu et dans toute la province du Maniema. Chaque produit consommé avec excès finit par avoir des conséquences sur l’organisme », a-t-il souligné. Ces actions visent à alerter les jeunes sur les risques liés à l’abus de ce médicament et à promouvoir un usage strictement médical. En impliquant les communautés, les autorités espèrent freiner la banalisation de cette pratique dangereuse.
Un enjeu de santé publique
La multiplication des cas de consommation détournée du Tramadol dans le Maniema constitue un véritable défi pour les autorités sanitaires. En interdisant la vente sans ordonnance, le Dr Tchomba cherche à tarir l’approvisionnement informel qui alimente ce phénomène. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre l’abus de médicaments, qui passe à la fois par la répression et l’éducation. Pour les habitants, il s’agit d’une prise de conscience collective : le Tramadol n’est pas un produit anodin et son usage doit rester sous contrôle médical. À terme, le succès de cette initiative dépendra de la collaboration entre les pharmaciens, les autorités et la population.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
