Des effluents acides se seraient déversés en avril 2026 dans le village de Kwampisha, territoire de Kipushi (Haut-Katanga), selon l’Institut de recherche en droits humains (IRDH). L’organisation accuse la Société minière du Katanga (SOMIKA) d’être à l’origine de cette pollution, qui touche directement les ressources en eau utilisées par les habitants. La société minière rejette ces allégations, affirmant que ses propres analyses n’ont détecté aucune contamination. Ce différend met en lumière les risques concrets pour les communautés locales, dont les activités quotidiennes dépendent étroitement de la qualité de l’eau.
Un écoulement acide vers les eaux du village
D’après le communiqué de l’IRDH, les substances acides ont d’abord inondé la route du village avant de se déverser dans la rivière Kasonta. Cette rivière constitue une source d’eau essentielle pour la population locale, qui l’utilise pour boire, cuisiner et se laver. L’organisation précise que ces eaux alimentent également des étangs piscicoles et des canaux d’irrigation. Une telle situation expose les habitants à des risques pour l’agriculture, la santé humaine et animale, même si l’ampleur exacte des dégâts n’est pas encore documentée. Concrètement, l’eau acide peut modifier le pH des sols, ce qui réduit la capacité des plantes à absorber les nutriments et peut entraîner une baisse des récoltes. Pour les poissons d’élevage, une acidité trop élevée peut être mortelle, menaçant ainsi une source de protéines et de revenus pour les ménages.
Des précédents qui renforcent les inquiétudes
L’IRDH rappelle que ce n’est pas la première fois que SOMIKA est pointée du doigt pour des faits similaires. Sans détailler les incidents antérieurs, l’organisation souligne une récurrence qui alimente la méfiance des communautés riveraines. La répétition de tels épisodes pourrait fragiliser durablement les activités agricoles et piscicoles dont dépendent les ménages de la zone. Pour les habitants, cette situation crée une incertitude permanente : à chaque nouvel incident, ils doivent évaluer si l’eau reste sûre pour leurs cultures, leurs animaux et leur propre consommation. Cette méfiance peut aussi décourager les investissements dans de petits projets agricoles, par crainte de tout perdre à cause d’une pollution soudaine.
La version de la société minière
Face à ces accusations, SOMIKA oppose un démenti formel. Son responsable des ressources humaines, Patrick Barudi, indique que des analyses ont été effectuées et qu’aucune pollution n’a été détectée dans la rivière Kibunduka. La divergence entre les deux parties porte à la fois sur le cours d’eau concerné et sur la nature des faits. Aucune autorité publique n’a pour l’instant communiqué de résultats d’analyses indépendantes. Cette absence de données vérifiées par un tiers laisse les habitants dans le flou : ils ne savent pas avec certitude si l’eau de la Kasonta est contaminée ou non. En pratique, cela signifie que certains continuent peut-être à utiliser l’eau sans précaution, tandis que d’autres s’en détournent par peur, ce qui peut perturber l’approvisionnement en eau du village.
Quels effets concrets pour les habitants ?
L’utilisation d’une eau potentiellement contaminée par des résidus acides peut altérer la qualité des sols irrigués, réduire les rendements agricoles et menacer la survie des poissons dans les étangs. Pour les ménages, cela signifie un risque de perte de revenus et d’insécurité alimentaire. Sur le plan sanitaire, le contact ou l’ingestion d’eau acide peut provoquer des irritations cutanées ou des troubles digestifs, même si aucun cas n’a été signalé à ce stade. En l’absence de données publiques, la prudence reste de mise pour les usagers de la rivière Kasonta. Il est recommandé, dans la mesure du possible, de laisser reposer l’eau avant usage ou d’utiliser des sources alternatives si elles sont disponibles. Les autorités locales pourraient jouer un rôle clé en facilitant des tests indépendants pour clarifier la situation et rassurer la population.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
