Depuis deux semaines, les robinets des bornes-fontaines de Kibirizi, dans le groupement de Mutanda (chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru, Nord-Kivu), restent désespérément secs en journée. Installées par l’ONG Mercy Corps, ces infrastructures ne fournissent plus d’eau, contraignant les habitants à se tourner vers des sources non aménagées. Cette situation expose la population à des risques sanitaires accrus, notamment les maladies hydriques.
Une quête quotidienne dès l’aube
Dès 2 heures du matin, femmes, hommes et enfants se pressent aux points d’eau dans l’espoir de remplir quelques bidons. Mais le plus souvent, aucun filet ne sort des robinets. « Le manque d’eau nous préoccupe beaucoup. Mercy Corps avait installé des bornes-fontaines, mais aujourd’hui l’eau ne coule plus. Nous souffrons énormément. Pour avoir un bidon d’eau, il faut se lever vers 1 heure du matin », témoigne madame Kasoki, une habitante. Cette pénurie oblige les familles à parcourir plusieurs kilomètres pour atteindre des ruisseaux et des sources non protégées, dans un contexte sécuritaire déjà fragile.
Des alternatives risquées pour la santé
Le recours à des points d’eau non aménagés augmente le danger de contracter des maladies hydriques, comme les diarrhées ou le choléra. Annuarite, une autre résidente, lance un cri d’alarme : « Depuis ce matin, nous n’avons pas d’eau. C’est vraiment déplorable. Aidez-nous à trouver de l’eau potable. Les robinets sont secs et plusieurs familles ne savent plus quoi faire. » L’absence d’eau potable pèse sur le quotidien des ménages, qui doivent consacrer temps et énergie à une corvée incertaine, au détriment d’autres activités économiques ou éducatives.
Des travaux en cours mais un besoin d’appui
Face à cette crise, l’Association des volontaires et entrepreneurs pour le développement endogène a entamé, la semaine dernière, des travaux d’aménagement de nouveaux points de captage dans les montagnes de Kanyatsi, à environ 5 kilomètres de Kibirizi. Cette initiative locale vise à renforcer l’accès à l’eau, mais l’organisation appelle à un soutien extérieur pour accroître ses capacités et répondre efficacement aux besoins de la population. Sans appui, ces efforts risquent de ne pas suffire à couvrir la demande.
Un impact économique et social à long terme
La pénurie d’eau à Kibirizi illustre comment une défaillance infrastructurelle peut fragiliser toute une communauté. Le temps passé à chercher de l’eau réduit les possibilités de travail ou de scolarisation, tandis que les dépenses de santé liées aux maladies hydriques pèsent sur des budgets familiaux déjà précaires. L’amélioration de l’accès à l’eau potable constitue donc un levier essentiel pour la stabilité économique et sanitaire de la région.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
