La prison centrale de Bunia, en Ituri, a reçu une nouvelle rassurante ce vendredi 5 juin : les cinq détenus suspectés d’Ebola ont été déclarés négatifs après des analyses de laboratoire. Ce résultat, confirmé par les autorités sanitaires et pénitentiaires, écarte le risque immédiat de contamination au sein de l’établissement. Mais il ne lève pas toutes les inquiétudes : les acteurs de la riposte insistent sur la nécessité de renforcer la prévention, notamment par la création d’un centre d’isolement dans la prison.
Un résultat négatif qui soulage la prison
Les analyses en laboratoire ont montré que les cinq prisonniers ne sont pas porteurs du virus Ebola. Cette annonce était très attendue, car les détenus s’étaient évadés après avoir été transférés vers des structures de prise en charge, ce qui avait fait craindre une propagation de la maladie. Le directeur de la prison, Camille Zonzi, a exprimé son soulagement : « J’ai été comblé de joie par rapport à ces résultats. Nous, la prison, nous, tous les détenus sommes en bonne santé. Étant donné que le résultat est négatif, vraiment, je suis protégé. C’est à moi aussi de protéger les gens qui viendront pour qu’ils ne viennent pas avec la maladie à la prison. »
Ce résultat négatif signifie que le virus Ebola n’a pas été détecté dans les échantillons prélevés sur ces détenus. En pratique, cela indique qu’ils ne présentent pas d’infection active et ne peuvent donc pas transmettre la maladie à d’autres personnes. Pour la prison, c’est un soulagement immédiat : le risque de voir apparaître une chaîne de contamination à l’intérieur des murs est écarté pour ces cas précis. Cependant, les autorités sanitaires rappellent que la période d’incubation d’Ebola peut aller jusqu’à 21 jours, ce qui justifie de maintenir une surveillance étroite.
Un centre d’isolement pour mieux anticiper
Malgré cette issue favorable, les équipes de riposte estiment qu’un centre d’isolement et de transit reste indispensable dans la prison. Ce dispositif permettrait de prendre en charge rapidement d’éventuels cas suspects sans exposer les autres détenus ni le personnel. Selon l’Unité d’appui à l’administration pénitentiaire de la MONUSCO, des démarches sont déjà en cours. Des équipements de protection ont été distribués et des séances de sensibilisation sont régulièrement organisées pour informer les détenus et les agents pénitentiaires sur les gestes à adopter.
Un centre d’isolement fonctionne comme une zone séparée où une personne présentant des symptômes évocateurs peut être placée en attendant les résultats des tests. Cela évite les contacts non protégés avec le reste de la population carcérale. Dans une prison, où la promiscuité est importante, un tel espace est crucial pour briser les chaînes de transmission potentielles. Les équipements de protection fournis incluent probablement des gants, des masques et des solutions hydroalcooliques, essentiels pour le personnel en première ligne. Les séances de sensibilisation visent à expliquer les modes de transmission du virus et les mesures d’hygiène à respecter, comme le lavage régulier des mains.
Une coordination sanitaire active
Une coordination regroupant l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la MONUSCO et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est active au sein de la prison centrale de Bunia. Elle appuie les mesures de prévention et renforce la surveillance sanitaire. Les acteurs impliqués rappellent que la vigilance doit rester de mise, car la menace d’Ebola est toujours surveillée de près en Ituri. Maintenir des contrôles réguliers et une capacité de réaction rapide est essentiel pour éviter toute résurgence de cas suspects dans cet environnement confiné.
Cette coordination permet de mutualiser les expertises : l’OMS apporte son savoir-faire technique en matière de surveillance épidémiologique, la MONUSCO facilite la logistique et l’accès aux ressources, tandis que le CICR contribue à l’amélioration des conditions de détention et à la protection des détenus. Ensemble, ils travaillent à ce que la prison ne devienne pas un foyer de propagation. Pour les détenus et leurs familles, ces efforts sont une garantie que la santé est prise au sérieux, même en milieu carcéral. La situation en Ituri reste sous étroite surveillance, et chaque cas suspect est traité avec la plus grande attention pour protéger l’ensemble de la communauté.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
