L’eau monte. Et elle monte plus tôt que prévu. À Yakoma, chef-lieu du territoire du même nom dans la province du Nord-Ubangi, la population fait face depuis la fin du mois de mai à une crue inhabituelle du fleuve Ubangi. Habituellement, les inondations saisonnières ne surviennent qu’à partir d’août. Cette année, le fleuve a pris plusieurs semaines d’avance, et les quartiers Zabo, Ubangi, Uele et Nzewe sont déjà les pieds dans l’eau.
Dans ces zones, les habitations, les cours et les voies de circulation sont envahies. Pour rejoindre le centre de la cité, les habitants n’ont d’autre choix que de chausser des bottes ou de pagayer à bord de pirogues de fortune. Une scène qui, d’ordinaire, ne se joue qu’en pleine saison des pluies, mais qui s’impose désormais en ce mois de juin. Le fleuve, d’habitude prévisible, bouscule tous les repères.
Une crue précoce qui alarme
Cette montée des eaux anticipée suscite de vives inquiétudes. Les habitants redoutent une aggravation de la situation entre août et octobre, période habituellement marquée par de fortes pluies et la montée des eaux du fleuve Ubangi. « Si l’eau est déjà à ce niveau en juin, qu’adviendra-t-il dans deux mois ? », s’interroge une habitante du quartier Zabo. La question, lancinante, traduit l’angoisse d’une population qui voit le fleuve grignoter toujours plus de terrain. Chaque jour, le niveau grimpe un peu plus, et avec lui, la crainte d’une catastrophe.
Des quartiers sous pression
Les quartiers touchés ne sont pas tous logés à la même enseigne. À Zabo, l’eau s’infiltre dans les concessions, obligeant certaines familles à surélever leurs affaires. À Ubangi et Uele, les ruelles se transforment en canaux, rendant la circulation difficile. À Nzewe, les pirogues deviennent le seul moyen de transport. Partout, le quotidien est bouleversé. Les habitants doivent composer avec cette présence envahissante de l’eau, qui perturbe les activités et isole les foyers. La vie s’organise tant bien que mal, mais la crainte d’une crue plus dévastatrice encore grandit.
Appel à l’action préventive
Face à cette situation, la population appelle les autorités locales et provinciales à prendre des mesures préventives. Les demandes sont concrètes : déplacer les familles vivant dans les zones à risque, curer les caniveaux et renforcer les ouvrages de protection contre les inondations. Autant d’actions qui pourraient atténuer l’impact de la montée des eaux dans les semaines à venir. En attendant, les regards restent fixés sur le fleuve, dont le niveau ne cesse de grimper. La mobilisation des autorités est espérée rapidement, car chaque jour compte pour éviter que la situation ne devienne critique.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: mediacongo.net
