L’Assemblée nationale a entamé, mardi 2 juin 2026, l’évaluation de l’état de siège en vigueur dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Réunis en séance plénière à huis clos, les députés ont auditionné quatre membres du gouvernement impliqués dans la gestion sécuritaire, judiciaire et humanitaire de cette mesure exceptionnelle. À l’issue des échanges, les élus ont accordé un délai de 48 heures à l’exécutif pour fournir des réponses jugées plus satisfaisantes à leurs préoccupations.
Un huis clos pour une évaluation détaillée
La séance était dirigée par le président de la chambre basse, Aimé Boji Sangara, entouré des membres du Bureau. Côté gouvernement, le Vice-Premier ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, le Vice-Premier ministre de la Défense Guy Kabombo Muadiamvita, le ministre d’État à la Justice Guillaume Ngefa Atondoko Andali et la ministre d’État aux Affaires sociales Ève Bazaïba ont pris part aux travaux, accompagnés du ministre chargé des Relations avec le Parlement, Guy Loando Mboyo.
Les discussions ont porté sur une analyse détaillée de la situation sécuritaire dans les deux provinces. Les élus ont examiné les mesures opérationnelles et institutionnelles mises en œuvre pour rétablir l’autorité de l’État, renforcer la sécurité et protéger les populations civiles. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la mission constitutionnelle de contrôle parlementaire, conformément aux principes de redevabilité et de bonne gouvernance.
Des rapports jugés insuffisants par les députés
Plusieurs élus ont estimé que les documents présentés par le gouvernement ne reflétaient pas la gravité de la situation sur le terrain. Les députés ont ainsi demandé à l’exécutif de revoir ses rapports et d’apporter des réponses plus concrètes. Ils réclament notamment davantage de précisions sur les opérations militaires en cours, les mécanismes de protection des civils et les mesures envisagées pour mettre fin aux violences, en particulier dans le territoire de Beni.
Le député Arsène Mwaka, élu de Beni, a présenté ses condoléances aux familles des victimes des récentes attaques attribuées aux groupes armés. Il a réaffirmé le soutien de la représentation nationale aux victimes et aux déplacés, tout en appelant le gouvernement à renforcer son action sur le terrain.
Un délai de 48 heures pour des réponses attendues
Après le huis clos, l’Assemblée nationale a accordé aux membres du gouvernement un délai de 48 heures pour préparer des réponses aux préoccupations soulevées. Cette évaluation intervient dans un contexte d’insécurité persistante dans l’Est du pays, marqué par des attaques répétées ayant entraîné des déplacements massifs de populations et la fermeture de plusieurs écoles.
Les prochaines heures seront déterminantes pour mesurer la capacité de l’exécutif à fournir des éléments de nature à rassurer la représentation nationale sur l’efficacité de l’état de siège, mesure en vigueur depuis mai 2021 dans ces deux provinces.
Article Ecrit par Cédric Botela
Sources: Actualite.cd, actu30.cd
