La rivière Musonoï, dans la province du Lualaba, est au cœur d’une crise environnementale et sanitaire dénoncée par l’ONG Action citoyenne de lutte contre les discours de haine (ACLDH). Dans une lettre ouverte adressée le 2 juin au ministre des Mines, cette structure de la société civile attribue la dégradation de ce cours d’eau aux activités de l’entreprise Metalkol SA. Les conséquences touchent directement plusieurs localités riveraines, où les populations peinent à accéder à l’eau potable et voient leurs terres agricoles se détériorer.
Une pollution aux effets concrets sur la vie quotidienne
Les habitants de Kamimbi, Sadam, Kasobantu, Musa et Kipepa subissent les répercussions de la pollution de la Musonoï. L’ACLDH rapporte une détérioration des terres agricoles, des difficultés d’accès à l’eau potable et des risques sanitaires importants. Ces problèmes illustrent comment une dégradation environnementale peut compromettre la sécurité alimentaire et la santé des communautés locales. L’eau de la rivière, autrefois utilisée pour la boisson et l’irrigation, est devenue impropre à la consommation, obligeant les familles à chercher des alternatives coûteuses ou insalubres.
Un projet de dépollution bloqué par un refus d’accès
Pour répondre à cette crise, les communautés locales ont créé la coopérative minière Hosanna. Celle-ci a signé un partenariat technique avec l’entreprise congolaise Bonne Part Logistique afin de curer et dépolluer la rivière. Des experts du ministère de l’Environnement ont confirmé la réalité de la pollution après une visite sur le site et ont délivré les autorisations nécessaires pour réhabiliter la zone. Cependant, le lancement effectif du chantier est bloqué : selon l’ACLDH, la société Metalkol refuse l’accès aux périmètres concernés, empêchant toute intervention.
Un moratoire de 12 mois pour protéger les droits essentiels
Face à cette impasse, l’ACLDH demande solennellement au ministre des Mines d’accorder un moratoire de 12 mois à la coopérative minière Hosanna. Gloire Manesa, porte-parole de l’organisation, explique : « Cela lui permettra d’intervenir légalement sur cette rivière minière et de lancer sans délai les travaux attendus par les communautés. Notre démarche vise avant tout à protéger les droits des populations à la santé, à l’eau potable et à un environnement sain. » Cette demande met en avant la nécessité de concilier activités industrielles et respect des droits fondamentaux des riverains.
Un appel aux autorités pour faire prévaloir l’intérêt général
L’ACLDH appelle les autorités nationales à agir rapidement pour que l’intérêt des populations locales prime. L’organisation insiste sur l’urgence de permettre le début des travaux de dépollution, alors que les communautés attendent des solutions concrètes. La situation de la rivière Musonoï montre comment un blocage administratif peut aggraver une crise environnementale aux conséquences sanitaires directes. L’octroi du moratoire pourrait ainsi constituer une première étape vers la réhabilitation de cet écosystème et la restauration des conditions de vie des habitants.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
