Une attaque attribuée aux rebelles ADF a frappé trois villages du territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, dans la nuit du mardi au mercredi 3 juin 2026. Les localités de Matété, Mamuli et Kitoho, situées dans le groupement Batangi-Mbau, ont été la cible d’une incursion simultanée qui a causé la mort d’une dizaine de personnes, selon un bilan provisoire communiqué par la société civile locale.
Isaac Kavalami, président de la société civile forces vives noyau de la commune d’Oïcha, a décrit une opération éclair menée vers 23 heures. « C’était vers 23 heures que des rebelles ADF ont attaqué trois villages situés à Mbau. Provisoirement, nous enregistrons une dizaine de morts », a-t-il déclaré. Ce bilan humain s’accompagne de dégâts matériels importants : des motos et des maisons d’habitation ont été incendiées par les assaillants.
Des civils enlevés, un bilan humain encore incertain
Au-delà des pertes en vies humaines, l’attaque a également été marquée par l’enlèvement de plusieurs civils. Le nombre exact de personnes kidnappées demeure inconnu à ce stade. « Ils ont aussi kidnappé des civils dont le nombre n’est pas encore connu », a précisé Isaac Kavalami. Cette incertitude pèse sur les familles et les communautés déjà durement éprouvées par l’insécurité chronique dans la région.
Les corps de certaines victimes ont été récupérés et déposés à la morgue de l’hôpital général d’Oïcha, une structure sanitaire de référence dans la zone. Ce geste permet aux proches d’entamer les démarches d’identification et de deuil, mais il souligne aussi la violence de l’attaque et la nécessité d’une prise en charge médicale et psychologique des survivants.
Un déplacement massif des populations vers des zones plus sûres
Face à cette nouvelle flambée de violence, un mouvement de déplacement des habitants a été observé. Selon Isaac Kavalami, les populations fuient vers des entités jugées plus sécurisées. Ce déplacement massif, conséquence directe de l’attaque, risque d’aggraver la situation humanitaire dans une région où l’accès aux soins, à l’eau et à la nourriture est déjà précaire.
Les déplacements forcés exposent les civils à des risques sanitaires accrus : promiscuité dans les abris de fortune, manque d’hygiène, interruption des traitements médicaux en cours. Les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables dans ces contextes. Les autorités sanitaires et humanitaires devront rapidement évaluer les besoins pour éviter une crise secondaire.
Un appel à intensifier les opérations conjointes FARDC-UPDF
Dans ce contexte tendu, la société civile appelle les autorités compétentes à renforcer les opérations militaires conjointes entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF). Ces opérations, déjà en cours dans certaines parties du territoire de Beni, visent à neutraliser les groupes armés, dont les ADF, responsables de nombreuses exactions contre les civils.
L’appel d’Isaac Kavalami traduit une attente forte des communautés locales, qui espèrent un retour à la sécurité pour vaquer à leurs activités quotidiennes, notamment agricoles et commerciales. La persistance des attaques malgré la présence militaire soulève des questions sur l’efficacité des dispositifs actuels et la nécessité d’une meilleure coordination entre les forces de sécurité et les populations.
Cette nouvelle attaque rappelle la fragilité de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, où les civils paient un lourd tribut aux violences armées. Alors que le bilan humain pourrait s’alourdir, l’urgence est à la protection des déplacés et à la relance d’une réponse sécuritaire adaptée aux réalités du terrain.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
