Le contrôle parlementaire sur la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo s’est intensifié ce mardi 2 juin 2026. Réunis en séance plénière à huis clos, les députés nationaux ont auditionné quatre ministres avant de rejeter leurs rapports, jugés trop éloignés de la réalité des violences, en particulier dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu.
Quatre ministres face aux élus nationaux
Les ministres de l’Intérieur, de la Défense, de la Justice et des Affaires sociales étaient convoqués pour répondre aux questions des représentants de la nation sur la recrudescence des attaques armées. Chacun était appelé à rendre compte des actions menées dans son domaine de compétence. Les échanges, tenus sans public, ont mis en lumière un décalage entre les documents administratifs présentés et la gravité de la situation décrite par les élus. Plusieurs députés ont clairement signifié que les informations transmises ne permettaient pas d’appréhender l’ampleur des menaces pesant sur les civils.
Une exigence de rapports détaillés et opérationnels
Confronté à cette insuffisance, le bureau de l’Assemblée a demandé au gouvernement de revoir ses documents et de fournir des réponses plus concrètes. Les élus ont réclamé des précisions sur l’état d’avancement des opérations militaires en cours, les dispositifs de protection des populations ainsi que les stratégies envisagées pour mettre un terme aux tueries récurrentes dans le territoire de Beni et les zones voisines du Nord-Kivu. L’objectif affiché est d’obtenir un suivi effectif et des engagements vérifiables.
Le député Arsène Mwaka, voix des victimes de Beni
Dans son intervention, le député Arsène Mwaka, élu de Beni, a tenu à présenter ses condoléances aux familles des personnes tuées lors des récentes attaques perpétrées par des groupes armés. Il a réaffirmé la solidarité de la représentation nationale envers les victimes et les milliers de déplacés, appelant l’exécutif à intensifier son action sécuritaire sur le terrain. Cette prise de parole a souligné l’attente d’une réponse institutionnelle forte face à la détresse des populations locales.
Une insécurité chronique aux conséquences humanitaires
Cette interpellation parlementaire se déroule dans un contexte marqué par une insécurité persistante. L’Est de la RDC, et particulièrement la région de Beni, subit des attaques répétées qui engendrent des mouvements massifs de populations et la fermeture de plusieurs établissements scolaires. Ces déplacements aggravent une crise humanitaire déjà préoccupante, privant des milliers d’enfants d’accès à l’éducation. Devant cette situation, les députés entendent maintenir une pression constante sur le gouvernement pour qu’il traduise ses engagements en actes vérifiables sur le terrain.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
