Le lundi 1er juin 2026, à la Cité de l’Union africaine, le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a reçu le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. L’entretien a porté sur la riposte à l’épidémie d’Ebola causée par la souche Bundibugyo, qui touche actuellement les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. À l’issue de cette audience, le chef de l’OMS a partagé deux annonces encourageantes : la guérison des cinq premiers patients atteints d’Ebola et la construction d’un centre de traitement de 60 lits à Bunia, chef-lieu de l’Ituri.
« J’ai deux bonnes nouvelles : la guérison de cinq premiers malades d’Ebola et la construction d’un centre de traitement de 60 places à Bunia », a déclaré le Dr Tedros, avant d’ajouter : « Votre courage nous donne de l’espoir ». Ces propos saluent le parcours des survivants, tous des professionnels de santé – dont une femme – ayant contracté le virus dans l’exercice de leurs fonctions. Pris en charge au Centre médical évangélique (CME) de Bunia, ils ont bénéficié d’un traitement symptomatique optimisé. Cette approche, qui consiste à traiter les symptômes comme la fièvre, la déshydratation ou les douleurs sans médicament antiviral spécifique, s’avère cruciale pour augmenter les chances de survie.
Les guérisons constituent une lueur d’espoir pour les communautés affectées. Elles contribuent également à dissiper les préjugés tenaces entourant les Centres de traitement Ebola (CTE). Contrairement aux craintes, ces structures sont des lieux de soins où les patients reçoivent une prise en charge adaptée et d’où l’on peut sortir guéri. Le message des autorités sanitaires est clair : il ne faut pas hésiter à s’y rendre en cas de symptômes tels que fièvre brutale, vomissements, diarrhée ou saignements.
La construction du centre de 60 lits à Bunia renforce la capacité de réponse locale. Financé avec l’appui de l’OMS, il devrait améliorer l’isolement des cas, limiter la propagation du virus et offrir des soins de qualité. En parallèle, la stratégie nationale déployée sur le terrain mise sur plusieurs piliers : le renforcement de la surveillance épidémiologique, le suivi rigoureux de toutes les personnes ayant été en contact avec des malades, l’acheminement de matériels de protection et d’intrants médicaux, ainsi que la sensibilisation des communautés. Les populations sont invitées à respecter les mesures de prévention : lavage régulier des mains, éviter les contacts avec les personnes malades ou les défunts, et signaler tout cas suspect.
Le Dr Tedros a également rappelé l’expertise historique de la RDC en matière de gestion des épidémies d’Ebola. Depuis 1976, le pays a fait face à dix-sept flambées, développant un savoir-faire reconnu mondialement. Cette expérience permet aujourd’hui de réagir plus rapidement et avec davantage d’efficacité. Toutefois, le patron de l’OMS a dénoncé les restrictions de voyage et les fermetures de frontières imposées par certains pays face à l’épidémie. « Ces mesures peuvent compromettre la transparence et décourager le partage rapide des informations épidémiologiques », a-t-il souligné, rappelant qu’une réponse coordonnée et ouverte est essentielle.
Enfin, l’OMS réitère son engagement aux côtés du Gouvernement congolais pour mobiliser les ressources nécessaires. Les partenaires techniques et financiers sont appelés à soutenir les efforts en cours afin de circonscrire rapidement la circulation du virus dans les trois provinces touchées. Avec les avancées annoncées, les autorités espèrent désormais accélérer la maîtrise de cette épidémie causée par la souche Bundibugyo, moins fréquente mais tout aussi dangereuse que d’autres variants d’Ebola.
Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
