Une nouvelle campagne de réparation chirurgicale des fistules obstétricales débute ce mercredi 22 juillet 2026 au Centre hospitalier presbytérien de Mbuji-Mayi, dans la commune de Dibindi. L’initiative, entièrement gratuite pour les patientes, se poursuivra jusqu’à la fin du mois d’août et vise à prendre en charge une cinquantaine de femmes, selon le docteur Jean-Pierre Lukoji, point focal de Fistula Clinic au Kasaï-Oriental. Cette pathologie, souvent causée par un accouchement prolongé ou difficile sans assistance médicale, entraîne une incontinence et un isolement social profond. La campagne offre donc une chance de réparation physique et de réintégration communautaire.
Un financement qui élargit l’accès aux soins
Le docteur Lukoji explique que cette campagne est rendue possible grâce à un appui financier de la Fondation Vodacom. « Les femmes nous viennent de partout : de Kabinda, de Tshiofa, de Kananga, de Tshikapa. Et cette année, nous avons déjà fait la première campagne qui a pris fin au mois de mai. Alors, comme il restait encore beaucoup de cas, Fondation Vodacom a pris ça en charge pour réparer au moins cinquante cas », précise-t-il. Ce soutien permet de couvrir l’intégralité des frais chirurgicaux, supprimant ainsi une barrière financière souvent insurmontable pour les patientes. En effet, le coût d’une telle intervention peut représenter plusieurs mois de revenus pour un ménage modeste, rendant les soins inaccessibles sans aide extérieure. La gratuité ouvre donc la porte à des femmes venues parfois de provinces voisines, comme le montre la diversité des localités citées.
Une prise en charge globale au-delà de la chirurgie
L’intervention ne se limite pas à l’acte opératoire. Le docteur Lukoji détaille les avantages concrets pour les bénéficiaires : « Il y a le kit de réinsertion. Il y a aussi le kit nutrition. Donc, les malades sont pris en charge par rapport à la nourriture. C’est le partenaire qui donne. Et à la fin de la campagne, il y a le kit de réinsertion qu’on donne aux malades réparés ». Cette approche intégrée vise à restaurer non seulement la santé physique, mais aussi l’autonomie sociale et économique des femmes. Le kit nutritionnel, par exemple, aide à lutter contre la malnutrition souvent associée à l’exclusion, tandis que le kit de réinsertion peut inclure des articles essentiels pour reprendre une activité génératrice de revenus. Ainsi, la campagne ne se contente pas de réparer une lésion : elle prépare les patientes à retrouver une vie active et digne.
Un appel à l’inscription rapide pour retrouver sa dignité
Le point focal de Fistula Clinic invite toutes les femmes vivant avec une fistule obstétricale à se manifester sans tarder. L’objectif est de leur permettre de bénéficier de cette opportunité pour améliorer leur qualité de vie et retrouver leur place dans la communauté. La gratuité des soins, combinée aux kits de nutrition et de réinsertion, constitue un levier essentiel pour ces patientes souvent marginalisées en raison de leur condition. En effet, l’incontinence et les odeurs qui accompagnent la fistule poussent fréquemment les femmes à s’isoler, perdant ainsi leurs liens familiaux et leurs moyens de subsistance. En leur offrant une solution médicale et un accompagnement matériel, la campagne réduit les conséquences économiques et sociales de cette pathologie. Les femmes intéressées sont donc encouragées à se rendre au Centre hospitalier presbytérien de Mbuji-Mayi pour s’inscrire et profiter de cette prise en charge complète avant la fin du mois d’août.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
