À Kinshasa, ce lundi 1er juin, une voix s’est élevée pour rappeler l’urgence d’un sursaut collectif. Hugo Nsundi Zala, président de la Base Républicaine, a interpellé la classe politique congolaise : face aux multiples défis qui minent le pays, seul un dialogue national sincère peut éviter le pire. Dans une déclaration solennelle devant les cadres et militants de son parti, il a dressé un état des lieux sans complaisance, pointant la crise sécuritaire dans l’Est, les débats enflammés sur une éventuelle réforme constitutionnelle et les appels à un référendum, tout en interrogeant les récentes activités de l’opposition. Derrière ces mots, c’est le quotidien des Congolais qui se joue : des milliers de déplacés, des villages pillés, une jeunesse désemparée.
« Nous ne voulons pas une logique qui choisit. Nous voulons une logique qui soit uniforme, qui ne vise pas des personnes », a martelé le leader politique. Cette phrase, simple en apparence, traduit une profonde lassitude face aux jeux politiciens qui, depuis des années, paralysent le pays. Hugo Nsundi Zala insiste : la priorité absolue doit être la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et la reconstruction de la cohésion nationale, mise à mal par des décennies de conflits. À l’écouter, le temps n’est plus aux calculs électoraux mais à la survie d’une nation.
Le constat est amer. Dans l’Est de la RDC, des groupes armés continuent de semer la terreur, appuyés selon de nombreuses sources par des puissances étrangères. Des milliers de familles fuient, abandonnant leurs champs et leurs espoirs. Pendant ce temps, à Kinshasa, les discussions sur un changement de constitution ou un référendum occupent les esprits, souvent déconnectés des réalités du terrain. Pour la Base Républicaine, ces débats sont des écrans de fumée qui détournent l’attention des véritables urgences. « Lorsque nous parlons de dialogue, nous avons un contenu. Nous avons un cahier des charges qui détaille notre vision », a affirmé Hugo Nsundi Zala. Effet d’annonce ou véritable feuille de route ? L’opposant assure que ses propositions ont été transmises aux différentes formations politiques.
Ces propositions s’articulent autour de trois axes concrets : économique, politique et sécuritaire. Sur le plan économique, le parti mise sur une mutualisation des intérêts liés à l’exploitation des ressources naturelles. L’idée est de créer une interdépendance avec les pays voisins, notamment le Rwanda, pour transformer la compétition prédatrice en coopération gagnant-gagnant. Cela implique d’appliquer enfin les accords de coopération économique entre Kinshasa et Kigali, ainsi que les engagements issus des accords de Washington et de Doha. Sur le plan politique, la Base Républicaine appelle à un mécanisme de stabilité fondé sur le dialogue inclusif. Enfin, sur le volet sécuritaire, les exigences sont claires : arrêt immédiat de tout soutien aux groupes rebelles, mise en place d’un programme de réparation des préjudices subis par les civils et rétablissement sans délai de l’autorité étatique dans les zones sous contrôle des milices.
Mais ces propositions, pour séduisantes qu’elles paraissent, se heurtent à une réalité brutale. Le dialogue national a été maintes fois convoqué, de Sun City à Nairobi, sans aboutir à une paix durable. Les accords de coopération avec le Rwanda sont restés lettre morte, entravés par une méfiance réciproque et des agendas cachés. Les habitants du Nord-Kivu et de l’Ituri, eux, n’attendent plus des paroles mais des actes. Chaque jour, le bruit des armes couvre les promesses.
Hugo Nsundi Zala n’est pas un nouvel entrant en politique. Son appel intervient dans un contexte où la majorité présidentielle et une partie de l’opposition se toisent, chacun campant sur des positions jusqu’au-boutistes. Pourtant, la crise de l’Est est une plaie qui saigne tout le corps social : économie paralysée, enfants non scolarisés, hôpitaux dévastés. Une approche uniquement sécuritaire, comme on le voit avec l’état de siège prolongé, a montré ses limites. L’axe économique avancé par la Base Républicaine mérite l’attention : pourquoi ne pas imposer des clauses de transparence sur les minerais exportés, conditionner l’aide au développement à des progrès tangibles ?
L’appel au dialogue de ce 1er juin résonne comme un cri d’alarme. Il met en lumière l’impasse d’un système où les solutions importées échouent parce qu’elles ignorent les dynamiques locales. Il rappelle aussi que derrière chaque statistique de déplacé, il y a un visage, une histoire brisée. La Base Républicaine semble vouloir replacer l’humain au centre. Reste à transformer l’essai, à dépasser les effets de manche pour construire un consensus réel. Sinon, ce énième plaidoyer rejoindra le cimetière des bonnes intentions dont la RDC a le secret. CongoQuotidien continuera de suivre cette actualité qui touche au cœur de la nation congolaise.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
