Chaque jour, dans la ville de Kamina, des milliers d’habitants se demandent d’où viendra leur prochaine gorgée d’eau salubre. Alors que la République démocratique du Congo regorge de ressources hydriques, l’accès à l’eau potable demeure un luxe pour de nombreuses communautés. Une réalité alarmante qui pourrait bientôt appartenir au passé grâce au projet d’extension de l’usine de captage et de traitement d’eau potable de Kamina, dans la province du Haut-Lomami.
Lors d’une visite effectuée le jeudi 28 mai, le directeur de la Direction des projets sino-congolais, Dominique Mikiya Mulumba, a constaté l’avancement significatif des travaux. Menés par l’entreprise CREC8, sous-traitante de SISC SA, en collaboration avec le Service national, ces travaux incluent l’embellissement du site et l’excavation de la fouille pour la pose de conduites qui relieront l’usine au château d’eau existant. Une étape cruciale dans l’extension de cette infrastructure vitale.
Accompagné de la direction provinciale de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) Haut-Lomami, le responsable a inspecté les installations en cours. L’usine, véritable cœur hydraulique de la région, promet de métamorphoser l’approvisionnement en eau. Alimentée par une puissance d’environ 0,5 mégawatt, elle atteindra une capacité de production de 7 000 à 10 000 mètres cubes d’eau traitée par jour. De quoi désaltérer durablement plusieurs quartiers de Kamina.
Mais d’où viendra cette eau tant attendue ? La réponse se trouve dans la rivière Lovoï, où un ouvrage de prise d’eau aménagé en amont captera l’eau brute. Trois groupes motopompes de relevage l’achemineront ensuite vers l’usine. Là, un processus rigoureux de traitement attend le précieux liquide. « La première phase consistera en une aération, permettant la déferrisation de l’eau par oxydation du faible taux de fer qu’elle contient », a expliqué Dominique Mikiya Mulumba. Une opération essentielle, car le fer dissout peut altérer le goût et la couleur de l’eau, en plus de nuire à la santé.
Mais le voyage ne fait que commencer. La deuxième étape sera la décantation, afin d’éliminer les matières en suspension grâce au procédé de floculation. Les particules s’agglutinent en flocons, puis se déposent lentement au fond des bassins. Enfin, la filtration retiendra les ultimes impuretés, offrant une eau cristalline et conforme aux normes de qualité. « Après traitement, l’eau potable sera refoulée vers le château d’eau par trois groupes motopompes multicellulaires de grande capacité, à travers des conduites en fonte ductile DN 400 destinées à alimenter plusieurs quartiers », a-t-il précisé. Un système robuste qui évoque des artères irriguant un corps urbain assoiffé.
Ce projet d’extension de l’usine d’eau potable de Kamina ne se contente pas de tourner des robinets : il incarne une réponse à une crise silencieuse. Dans le Haut-Lomami, les maladies hydriques continuent de sévir, frappant les plus vulnérables. Chaque mètre cube d’eau traitée est une victoire contre le choléra, la diarrhée et la typhoïde. Pourtant, combien de temps faudra-t-il encore pour que chaque Congolais ait accès à ce droit fondamental ? Les travaux de CREC8 à Kamina montrent que des solutions existent, à condition de maintenir l’engagement politique et financier.
Les acteurs présents lors de la visite – représentants de l’ACGT, du ministère provincial des Infrastructures, de la REGIDESO et de l’entreprise CREC-9 – ont exprimé leur satisfaction. Mais au-delà des discours, c’est la persévérance qui fera de cette usine un symbole d’espoir. La province du Haut-Lomami, riche de sa rivière Lovoï, mérite une eau potable jaillissant à chaque foyer. L’extension de l’usine de captage et de traitement redessine ainsi le paysage hydrique de Kamina, une goutte d’espoir dans un océan de défis.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
