AccueilActualitéSantéAlerte Ebola : un cas suspect venu de l'Ituri meurt au Sud-Kivu

Alerte Ebola : un cas suspect venu de l’Ituri meurt au Sud-Kivu

Une alerte sanitaire a été déclenchée ce mercredi dans le territoire de Kabare, au Sud-Kivu, après la notification d’un cas suspect de maladie à virus Ebola. Le patient, un jeune homme d’une vingtaine d’années, présentait un tableau clinique de fièvre hémorragique et est décédé peu après son admission à l’hôpital de Lwiro, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bukavu.

Ce qui inquiète particulièrement les autorités, c’est l’origine du malade : récemment arrivé de la province de l’Ituri, foyer actuel de l’épidémie d’Ebola, il aurait pu transporter le virus sur plusieurs centaines de kilomètres. Selon le docteur Crispin Mutwedu, médecin épidémiologiste à la Division provinciale de la santé (DPS) du Sud-Kivu, « l’homme est décédé avec des saignements et une forte fièvre », des signes caractéristiques de cette affection hautement contagieuse.

Mais comment une telle situation a-t-elle pu se produire ? Avant d’être orienté vers le circuit médical officiel, le jeune homme avait d’abord consulté un cabinet privé, puis un tradipraticien. Ce n’est qu’après l’aggravation brutale de ses symptômes qu’il a été transféré en urgence vers l’hôpital de Lwiro, où il a succombé. Ce parcours de soins tardif a certainement augmenté les risques de contamination, chaque contact supplémentaire devenant une potentielle nouvelle chaîne de transmission.

Face à l’urgence, les équipes d’intervention rapide de la DPS se sont immédiatement mobilisées. Des prélèvements biologiques — au nombre de quatre — ont été effectués post-mortem et expédiés dans la soirée vers le laboratoire de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Goma, au Nord-Kivu. En attendant les résultats moléculaires, un enterrement digne et sécurisé (EDS) a été organisé pour éviter toute propagation communautaire du virus.

Pourtant, l’alerte est loin d’être levée. L’épouse et le petit frère du défunt, qui l’accompagnaient depuis l’Ituri, ont à leur tour commencé à présenter des symptômes suspects : fièvre élevée et violentes céphalées. Leurs cas ont été officiellement validés pour investigation. « Nous sommes aux aguets », confie un responsable sanitaire provincial, qui souligne que ces deux personnes sont désormais placées sous surveillance stricte.

Pour bien comprendre l’enjeu, il faut rappeler comment se transmet le virus Ebola. La maladie se propage par contact direct avec le sang, les sécrétions ou les liquides biologiques d’une personne infectée, vivante ou décédée. Les symptômes apparaissent généralement entre 2 et 21 jours après l’exposition et incluent fièvre brutale, douleurs musculaires, vomissements, diarrhée, éruptions cutanées et, dans les cas graves, hémorragies internes et externes. Une fois déclarée, la maladie est mortelle dans environ 50 % des cas, selon l’Organisation mondiale de la Santé.

D’où l’importance cruciale d’une prise en charge précoce et d’une isolation rapide. « Chaque heure compte dans la riposte à Ebola », rappelle un épidémiologiste. Ici, le retard de diagnostic dû aux consultations initiales chez un privé et un tradipraticien illustre un défi majeur : la méconnaissance des circuits de référencement et la persistance de traitements empiriques peuvent compromettre toute la stratégie de contrôle.

La province du Sud-Kivu, déjà éprouvée par d’autres urgences sanitaires, se prépare au pire tout en espérant que les analyses infirment la présence du virus. D’ores et déjà, les populations de Kabare et des zones environnantes sont invitées à redoubler de vigilance. Les autorités recommandent d’éviter tout contact avec les fluides corporels des personnes malades ou décédées, de se laver régulièrement les mains et de signaler immédiatement tout cas suspect au centre de santé le plus proche.

Malgré l’angoisse légitime, les experts insistent : pas de panique, mais une mobilisation rationnelle. L’expérience des épidémies antérieures en RDC a montré que des gestes simples et une coordination rapide peuvent endiguer la propagation. Les résultats des échantillons, attendus dans les prochains jours, seront déterminants pour confirmer ou infirmer ce que beaucoup redoutent : l’arrivée d’Ebola dans le Sud-Kivu.

En attendant, l’alerte sanitaire reste maintenue, et les équipes sur le terrain traquent les contacts potentiels du jeune homme. Car si le virus a bel et bien voyagé depuis l’Ituri, il ne faudra qu’une étincelle — un enterrement traditionnel non sécurisé, un soin à domicile — pour qu’une nouvelle flambée s’embrase. La leçon est claire : face à Ebola, la rapidité et la transparence des informations sauvent des vies.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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