Un virus sans bouclier sanitaire. Voilà la réalité brutale à laquelle fait face la République démocratique du Congo dans sa lutte contre l’épidémie d’Ebola. Le responsable, le virus Bundibugyo, n’a ni vaccin, ni traitement homologué, comme l’a confirmé le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Cette souche, moins connue mais tout aussi redoutable que sa cousine Zaïre, a plongé les autorités sanitaires dans une course contre la montre. Comment contenir une maladie hémorragique sans l’arme de la vaccination ? La question taraude les spécialistes, car le risque de propagation transfrontalière est bien réel.
C’est dans ce contexte d’urgence que l’Afrique du Sud a annoncé, mercredi 20 mai, un don de 2,5 millions de dollars en faveur du fonds Africa Epidemics Fund. Géré par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), ce fonds est destiné à coordonner et renforcer la riposte continentale. Un geste salué par l’institution panafricaine comme un « signal fort de solidarité ».
Concrètement, cet appui financier va permettre d’intensifier les opérations sur le terrain : déploiement d’équipes d’intervention rapide, amélioration des systèmes de laboratoire, surveillance épidémiologique renforcée, prévention des infections aux frontières et soutien direct aux communautés affectées. Africa CDC insiste sur la nécessité d’une action « urgente, coordonnée et suffisamment financée » pour éviter une escalade régionale.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, désigné champion de l’Union africaine pour la préparation aux pandémies, a personnellement porté cette initiative. Il répond ainsi à l’appel pressant du président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, qui avait exhorté les chefs d’État à renforcer leur engagement collectif. Pretoria espère que d’autres capitales, ainsi que les partenaires au développement et le secteur privé, emboîteront le pas.
Pourquoi une telle mobilisation ? Parce que le virus Bundibugyo change la donne. Sans vaccin, la seule parade repose sur la détection précoce des cas, l’isolement des patients et les mesures barrières. Des gestes simples, mais vitaux : lavage régulier des mains, éviter les contacts avec les fluides corporels des personnes infectées, ne pas manipuler d’animaux sauvages trouvés morts. Les équipes d’Africa CDC diffusent ces consignes dans les zones à risque, tout en travaillant sur de nouveaux outils de diagnostic.
L’épidémie d’Ebola en RDC est un test grandeur nature de la solidarité continentale. La contribution sud-africaine prouve que l’Afrique peut se tenir debout face aux crises sanitaires. Mais la prudence reste de mise. En attendant un éventuel vaccin, chaque Congolais peut devenir un maillon de la chaîne de protection, en adoptant les réflexes préventifs et en signalant tout symptôme suspect (fièvre, vomissements, saignements) au centre de santé le plus proche. La riposte ne sera efficace que si elle est collective, coordonnée et, surtout, largement financée.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
