La communauté banyamulenge résidant à Kinshasa a exprimé, ce mardi 19 mai 2026, ses plus vives inquiétudes quant au retrait annoncé de l’AFC/M23 et des troupes rwandaises de la plaine de la Ruzizi, dans le Sud-Kivu. Au cours d’une conférence de presse tenue dans la capitale, ses représentants ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « tromperie stratégique », un mouvement de repli ne correspondant en rien à un désengagement réel.
Selon les informations fournies par Enock Ruberangabo, président de la branche kinoise de la communauté, le scénario officiel de retrait vers Katogota ne résiste pas à l’examen des faits. Alors que les forces coalisées étaient censées évacuer les localités de Kambunambo et Sange, aucun rassemblement n’a été observé dans les zones de repli prévues. Au contraire, les témoignages recueillis sur le terrain indiquent un redéploiement discret vers l’ouest de la plaine d’Ubavari, non loin de Kaziba. « Le Rwanda semble faire un pas de retrait, mais il entre en profondeur de plusieurs kilomètres », a alerté M. Ruberangabo.
Ce repositionnement, loin d’être anodin, semble obéir à une logique de contrôle des ressources. Les dernières remontées en provenance de Lungunya, une localité connue pour ses gisements aurifères, font état de mouvements suspects. L’alerte sécurité au Sud-Kivu prend alors une dimension économique et géostratégique. La manœuvre, si elle se confirme, pourrait compromettre durablement la stabilité de la région.
Les intervenants n’ont pas caché leur frustration face à ce qu’ils perçoivent comme une mascarade diplomatique. « Ce retrait Ruzizi n’est qu’un écran de fumée », a insisté un représentant. Le doute plane sur les intentions réelles de la coalition AFC/M23, soutenue par Kigali. La population locale, déjà éprouvée par les cycles de violence, redoute une nouvelle phase de déstabilisation.
L’autre volet de cette conférence de presse concernait la diaspora banyamulenge. Les récentes marches de protestation à l’étranger, notamment à Washington, Bruxelles et Nairobi, ont été fermement condamnées. Les leaders présents ont dénoncé une instrumentalisation politique visant à diviser la communauté. « Ces manifestations servent des intérêts extérieurs. Nous appelons nos frères de la diaspora à privilégier la cohésion interne et à rejeter toute manipulation », a déclaré Enock Ruberangabo.
Cet appel à l’unité résonne comme un avertissement. La diaspora banyamulenge est aujourd’hui sommée de choisir entre le piège des agendas cachés et la défense collective des intérêts communautaires. La manipulation des exilés, si elle n’est pas endiguée, risque d’exacerber les tensions au sein d’une communauté déjà fragilisée.
Face à ce tableau alarmant, une question s’impose : les promesses de retrait ne sont-elles qu’un leurre destiné à endormir la vigilance des autorités congolaises et de l’opinion internationale ? Les faits décrits suggèrent une stratégie de pénétration rampante, où chaque pas en arrière masque une avancée latérale vers des objectifs plus lucratifs.
La communauté banyamulenge de Kinshasa a, par cette prise de parole, lancé un cri d’alarme. Elle exige des éclaircissements et appelle les autorités à redoubler de vigilance. Dans le ciel déjà chargé du Sud-Kivu, le retrait annoncé pourrait bien annoncer une tempête plus violente encore.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
