La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle résurgence d’Ebola, la 17e épidémie de son histoire récente. L’Est du pays, déjà éprouvé par des flambées précédentes, est de nouveau sous tension. Dans la province de l’Ituri, les décès Ebola Ituri se comptent par dizaines, poussant les autorités à renforcer la surveillance. Au Nord-Kivu Ebola étend son ombre : des cas suspects et confirmés sont signalés, faisant craindre une propagation rapide vers les zones densément peuplées. À Kiwanja, cité du territoire de Rutshuru, l’inquiétude se lit sur les visages, mais elle se mue en action collective.
« La maladie est déjà là. Ebola n’est pas comme les autres maladies. Sa vitesse de propagation est inquiétante », confie monsieur Kakumu, habitant du quartier Buturande. Comme lui, beaucoup redoutent les caractéristiques redoutables du virus : un taux de létalité pouvant atteindre 90 % en l’absence de prise en charge rapide. « Nous devons suivre les consignes des professionnels de santé pour nous protéger », ajoute-t-il. Ce témoignage illustre une prise de conscience vitale au sein de la communauté.
Mais comment endiguer un fléau qui se transmet par simple contact avec des liquides corporels ? La réponse commence par des gestes simples mais salvateurs. Dans le quartier Mabungo, l’heure n’est pas à la panique, mais à l’organisation. Des femmes et des hommes installent des kits de lavage des mains à l’entrée des maisons et des points de rassemblement. « Kiwanja prévention devient un mot d’ordre collectif. Sans ces gestes barrières, nous resterions vulnérables », explique un initiateur de l’opération, préférant taire son nom pour mettre en avant l’effort commun.
Rien n’est laissé au hasard : se laver les mains à l’eau propre et au savon plusieurs fois par jour, refuser de toucher ou de consommer des animaux trouvés morts, éviter les salutations qui impliquent un contact physique direct – accolades, poignées de main – et, surtout, se rendre sans tarder au centre de santé le plus proche dès l’apparition de symptômes suspects. Fièvre brutale, maux de tête intenses, diarrhée ou vomissements doivent alerter immédiatement. Ces mesures, simples en apparence, constituent un rempart dont l’efficacité a été prouvée lors des épidémies précédentes.
L’épidémie en cours, officiellement la dix-septième sur le sol congolais, représente un défi sanitaire immense. Les autorités de Ebola Est RDC multiplient les campagnes de sensibilisation, mais le succès repose en grande partie sur l’engagement communautaire. À Kiwanja, cet engagement ne se limite pas aux déclarations : il se traduit par des actions concrètes, un changement d’habitudes qui pourrait faire la différence. Les habitants se rappellent les leçons douloureuses des vagues de 2018-2020 qui avaient endeuillé la région, et cela nourrit leur détermination.
Toutefois, les spécialistes appellent à ne pas relâcher l’effort. Un virus à ARN comme Ebola possède une capacité de mutation qui pourrait rendre les prochaines flambées encore plus complexes à contrôler. D’où l’importance d’une prévention rigoureuse, adossée à une communication claire et transparente. « Nous avons les moyens de stopper la chaîne de transmission, mais il faut que chaque geste compte, chaque jour », rappelle un cadre de la zone de santé.
L’épidémie Ebola RDC nous rappelle une vérité dérangeante : dans un monde interconnecté, la santé de tous dépend des comportements de chacun. La mobilisation des habitants de Kiwanja, leur refus de subir passivement la menace, offre un modèle encourageant. Alors que le Nord-Kivu et l’Ituri restent en alerte, cette dynamique citoyenne pourrait bien transformer la peur en un moteur de protection collective. L’Est de la RDC montre que, face à l’adversité, la solidarité reste le vaccin le plus puissant.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
