La maladie à virus Ebola frappe à nouveau l’Est de la République démocratique du Congo, confirmant le caractère imprévisible de ce fléau. En Ituri, les chiffres sont glaçants : plus d’une centaine de décès ont déjà été officiellement recensés, alors que des dizaines de cas suspects et confirmés continuent d’être rapportés dans la province voisine du Nord-Kivu. Face à cette 17e épidémie d’Ebola en RDC, l’inquiétude gagne les communautés qui se mobilisent, à l’image des habitants de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru.
À Kiwanja, la peur n’est pas de la panique, mais une prise de conscience aiguë. « La maladie est déjà là. Ebola n’est pas une maladie comme les autres », confie monsieur Kakumu, habitant du quartier Buturande, dont la voix trahit une anxiété légitime. « La rapidité avec laquelle elle se propage est terrifiante. Nous devons suivre scrupuleusement les consignes des agents de santé si nous voulons nous protéger. » Ce sentiment est partagé bien au-delà de son quartier : dans cette cité frontalière de l’Ouganda, chacun mesure le risque de voir le virus Ebola Kiwanja devenir un foyer incontrôlable.
La mobilisation prend des formes concrètes. Dans le quartier Mabungo, les résidents ont pris l’initiative d’installer eux-mêmes des stations de lavage des mains, ces dispositifs simples mais salvateurs. « L’engagement communautaire, c’est notre meilleure arme », explique un volontaire local. Car face à la maladie à virus Ebola, la prévention ne se décrète pas : elle se construit, geste après geste, par la promotion de bonnes pratiques sanitaires. Cela implique d’interdire de manger des animaux trouvés morts, dont la cause du décès reste inconnue ; d’éviter de se serrer la main ou de s’embrasser pour se saluer ; et de se laver les mains à l’eau propre et au savon plusieurs fois par jour.
Pourquoi une telle discipline est-elle vitale ? Rappelons que le virus Ebola se transmet par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne infectée : sang, salive, sueur, vomissures. Une simple accolade ou une poignée de main peut suffire à contaminer un proche. La maladie se manifeste par une fièvre brutale, des maux de tête intenses, des douleurs musculaires, puis des vomissements, des diarrhées et parfois des saignements. Le taux de létalité avoisine les 50 %, voire davantage selon les souches. Autrement dit, une personne sur deux peut en mourir. D’où l’importance de se rendre immédiatement au centre de santé le plus proche en cas de symptômes évocateurs, sans attendre que l’état ne s’aggrave. Plus la prise en charge est précoce, meilleures sont les chances de survie, et plus on limite la chaîne de contamination.
Pourtant, l’épidémie Ebola Ituri nous montre que la meilleure riposte reste la prévention Ebola RDC. Chaque foyer doit devenir un rempart. Imaginez un feu de brousse : une étincelle suffit pour embraser des hectares. Le virus fonctionne de la même manière. Un seul cas ignoré peut déclencher une flambée. C’est pourquoi les habitants de Kiwanja ont raison de ne pas attendre l’arrivée massive des équipes sanitaires. En installant des lave-mains, en s’informant mutuellement, ils créent un cordon sanitaire social.
Les autorités sanitaires congolaises, soutenues par les partenaires internationaux, déploient des moyens pour traquer les contacts et isoler les malades. Mais sans l’adhésion de la population, ces efforts resteraient vains. La transparence est cruciale : signaler un cas suspect, ce n’est pas trahir un voisin, c’est sauver toute une communauté. À Kiwanja, les messages d’alerte sont désormais relayés de bouche à oreille, de maison en maison. Les jeunes s’improvisent messagers, rappelant à leurs aînés les gestes barrières.
Ce sursaut collectif est d’autant plus nécessaire que la région de l’Est vit au rythme de déplacements incessants, qu’ils soient commerciaux ou liés aux conflits. Le virus n’a que faire des frontières ; il peut se faufiler au moindre relâchement. La 17e épidémie d’Ebola en RDC nous lance un défi dramatique mais pas insurmontable. Si chaque citoyen adopte les comportements recommandés, si chaque malade est pris en charge à temps, alors le cercle infernal de la contamination pourra être rompu.
En définitive, la lutte contre Ebola est une affaire de solidarité. Les paroles de monsieur Kakumu résonnent comme un appel à la responsabilité partagée : « Nous devons suivre les consignes des professionnels de santé. » Face à un ennemi microscopique et mortel, l’union fait la force, et cette force commence par un simple geste : se laver les mains.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
