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Ebola RDC : Tshisekedi lance la riposte, déjà 136 morts et 543 suspects

Alors que la fièvre hémorragique Ebola refait surface dans l’Est de la RDC, le Président Félix Tshisekedi a convoqué lundi 18 mai une réunion de crise à Kinshasa. Objectif : accélérer la riposte sanitaire face à une épidémie qui ne cesse de s’étendre en Ituri et au Nord-Kivu.

Conformément aux instructions du chef de l’État, le gouvernement doit mettre en œuvre sans délai « toutes les mesures nécessaires » pour renforcer la lutte contre cette maladie virale. Le message présidentiel est clair : contenir l’épidémie avant qu’elle ne prenne une ampleur incontrôlable.

Cette mobilisation au sommet intervient dans un contexte alarmant. Le ministre de la Santé publique, Samuel-Roger Kamba, a dressé un bilan provisoire : 513 cas suspects et 131 décès recensés dans les zones affectées. Mais la prudence est de mise. Comme l’a précisé le ministre, tous ces décès ne sont pas imputables à Ebola. Il s’agit de cas suspects, en attente de confirmation virologique. Le dépistage systématique à l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB), dirigé par le docteur Jean-Jacques Muyembe, doit permettre de distinguer les véritables malades d’Ebola des autres affections fébriles.

Le lendemain, mardi 19 mai, les chiffres se sont affinés : 136 décès, 543 cas suspects identifiés dans la communauté et 69 malades pris en charge dans les centres de traitement dédiés. Une dynamique qui illustre à quel point le moindre retard peut coûter des vies. D’où l’urgence martelée par le Président Tshisekedi, qui appelle experts et spécialistes à redoubler d’efforts et exhorte la population au calme, à la vigilance et au strict respect des mesures de prévention.

Mais comment expliquer cette flambée ? La transmission du virus Ebola s’opère par contact direct avec les fluides corporels – sang, salive, sueur, vomissures – d’une personne infectée, symptomatique ou décédée. Les premiers signes, fièvre brutale, fatigue extrême, maux de tête, sont souvent trompeurs. Ensuite surviennent vomissements, diarrhées et parfois des saignements internes ou externes. Cette période, qui oscille entre 2 et 21 jours après contamination, offre une fenêtre d’action cruciale.

Imaginons un feu de brousse : plus on l’étouffe tôt, moins il fait de dégâts. Dans la lutte contre Ebola, chaque heure compte. C’est pourquoi le Président Tshisekedi a instruit une riposte immédiate, visant à renforcer les capacités de diagnostic, d’isolement et de soins dans l’Ituri et le Nord-Kivu, épicentres de cette épidémie.

La riposte ne peut se faire sans la population. Se laver régulièrement les mains avec de l’eau chlorée ou du savon, éviter tout contact avec les malades ou les corps des défunts suspects, et signaler sans tarder tout cas de fièvre inexpliquée aux autorités sanitaires sont des gestes simples, mais vitaux. La défiance et les rumeurs restent les pires ennemis de la santé publique. Comme l’a répété le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, lors du point presse coanimé avec le docteur Kamba et le professeur Muyembe, la transparence sur les chiffres et les mesures prises doit rassurer la population sans la banaliser.

Les autorités savent que la bataille est complexe. La mobilité des populations, les conflits armés qui entravent l’accès à certaines zones reculées et la méfiance parfois suscitée par les équipes de riposte compliquent la tâche. Pourtant, la RDC n’est pas démunie. Grâce aux avancées thérapeutiques, comme les traitements antiviraux et les soins de support (réhydratation, maintien des fonctions vitales), de nombreux patients guérissent lorsqu’ils sont pris en charge à temps. Le pays a aussi l’expérience des épidémies antérieures, et le leadership du docteur Muyembe, co-découvreur du virus, reste un atout majeur.

Alors, face à cette nouvelle vague d’Ebola en RDC, une question se pose : arriverons-nous à transformer l’alerte en action ? Le Président Tshisekedi en a donné l’impulsion politique. Aux experts de transformer cet élan en gestes qui sauvent, pour que le bilan d’Ebola ne s’alourdisse pas davantage. La vigilance collective reste le meilleur rempart.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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