Alors que l’épidémie d’Ebola continue de s’étendre silencieusement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, le président Félix Tshisekedi a décidé de sortir de l’ombre en convoquant une réunion de crise ce lundi 18 mai à Kinshasa. Objectif : ordonner au gouvernement de mettre immédiatement en œuvre toutes les mesures nécessaires pour renforcer la riposte. Un signal fort, presque un électrochoc, pour une population qui retient son souffle.
Comme un feu de brousse que l’on doit circonscrire avant qu’il ne dévore tout, l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola réclame une action rapide et coordonnée. Le chef de l’État l’a bien compris. Il a exhorté les experts et spécialistes en santé publique à redoubler d’efforts pour contenir la propagation du virus, tout en insistant sur la prise en charge accélérée des personnes affectées. « Pas une minute à perdre », semble-t-il dire, alors que les signaux venant du terrain oscillent entre inquiétude et espoir.
Mais que savons-nous exactement de la situation épidémiologique ? Les derniers chiffres, livrés par le ministre de la Santé publique Samuel-Roger Kamba lors d’un point de presse le même jour, donnent le vertige : 513 cas suspects et 131 décès ont été signalés dans les zones affectées. Pourtant, une précision s’impose, et elle est de taille. Tous ces décès ne sont pas nécessairement imputables au virus Ebola. Il s’agit de cas suspects, et des analyses approfondies sont en cours à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) pour distinguer les véritables cas d’Ebola des autres causes de mortalité. C’est la raison pour laquelle le bilan a été affiné dès le lendemain, mardi 19 mai : 136 morts confirmés ou fortement suspectés, 69 malades pris en charge dans des centres de traitement, et plus de 543 personnes présentant des symptômes suspects répertoriées dans la communauté. Un puzzle dont toutes les pièces ne sont pas encore assemblées.
Comment ne pas s’interroger sur la progression de cette épidémie déclarée officiellement le 15 mai dernier par le gouvernement congolais ? En moins d’une semaine, les indicateurs se sont dégradés. Pour autant, les autorités sanitaires se veulent rassurantes. Le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l’INRB, pilier de la lutte contre les fièvres hémorragiques, a martelé la nécessité de la vigilance sans pour autant céder à la panique. « La riposte s’organise, les équipes sont sur le terrain », a-t-il indiqué.
C’est dans ce contexte que le président Tshisekedi a invité la population au calme, à la vigilance et au strict respect des mesures préventives. Un appel qui résonne comme un rappel à l’ordre : l’hygiène des mains, l’interdiction de tout contact avec les malades ou les défunts suspectés d’Ebola, et le signalement immédiat de tout cas suspect restent les remparts les plus solides contre la propagation. Ces gestes simples, presque banals en apparence, sont pourtant comparables à une barrière de sable face à une marée montante. L’histoire des épidémies d’Ebola en RDC a montré que la participation communautaire est la clé de voûte de la riposte. Sans elle, les efforts médicaux les plus sophistiqués risquent de s’effondrer comme un château de cartes.
Reste une question : pourquoi l’Est de la RDC semble-t-il si vulnérable ? Les experts évoquent la mobilité des populations, les conflits armés qui entravent l’accès aux soins, et parfois une défiance tenace envers les équipes médicales. Mais c’est justement pour briser ces chaînes de transmission que le gouvernement entend déployer des moyens supplémentaires, notamment en matière de vaccination ciblée et de communication de proximité.
En attendant, le bilan Ebola en RDC en ce mois de mai 2025 force à une lucidité teintée d’espoir. La riposte engagée par le gouvernement congolais, sous l’impulsion du président Tshisekedi, peut inverser la tendance si chaque citoyen devient un acteur de la prévention. L’épidémie n’est pas une fatalité : c’est une bataille qui se gagne autant dans les laboratoires qu’au cœur des familles.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
