Alors que l’épidémie d’Ebola continue de progresser dans l’est de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a haussé le ton. Lors d’une réunion de crise tenue ce lundi 18 mai à Kinshasa, le chef de l’État a instruit le gouvernement de mettre en œuvre « immédiatement » toutes les mesures anti-Ebola nécessaires pour renforcer la riposte dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Une décision ferme qui survient alors que le bilan ne cesse de s’alourdir : selon les derniers chiffres officiels, on dénombre déjà 136 décès et plus de 543 cas suspects dans les communautés.
Face à cette situation, le ministre de la Santé publique, Samuel-Roger Kamba, a tenu à apporter des précisions essentielles. « Tous les décès enregistrés ne sont pas nécessairement imputables à la maladie à virus Ebola. Il s’agit de cas suspects, et des analyses approfondies sont en cours », a-t-il déclaré. Cette nuance est capitale : tant que le lien n’est pas confirmé en laboratoire, il est impossible de dresser un tableau définitif. N’empêche, la vigilance s’impose.
Pour bien comprendre l’urgence, il faut rappeler que le virus Ebola est redoutablement efficace. Transmis par contact direct avec le sang, les sécrétions ou les liquides biologiques d’une personne infectée – voire d’un animal porteur comme la chauve-souris frugivore – il provoque une fièvre hémorragique sévère. Après une incubation de 2 à 21 jours, le malade ressent une fatigue brutale, des douleurs musculaires, des maux de tête et de gorge, suivis de vomissements, de diarrhées et parfois d’hémorragies internes ou externes. La désignation « fièvre hémorragique » peut effrayer, mais il est utile de faire une analogie : Ebola fonctionne un peu comme un incendie de brousse. Si l’on n’intervient pas rapidement pour éteindre le premier foyer, les flammes – ici les cas suspects – gagnent du terrain et deviennent incontrôlables.
C’est pourquoi le Président Tshisekedi a insisté sur la prise en charge rapide et efficace des populations affectées. Des centres de traitement ont déjà été déployés dans les zones touchées, où 69 malades sont actuellement suivis. Mais la riposte ne repose pas que sur les soins. Les experts en santé publique, que le chef de l’État a exhortés à redoubler d’efforts, multiplient les enquêtes épidémiologiques autour de chaque cas suspect. L’objectif ? Briser au plus vite les chaînes de transmission.
Dans l’Ituri, où l’épidémie Ebola se propage de manière préoccupante, ces investigations sont menées jour et nuit. « Plus on détecte tôt les cas, plus on sauve de vies », résume souvent le corps médical. Une vérité qui prend tout son sens quand on sait que le taux de létalité d’Ebola peut atteindre 90 % sans traitement, mais chute considérablement avec une prise en charge adaptée.
Concrètement, que peut faire le citoyen congolais ? La réponse est simple et repose sur trois piliers : le calme, la vigilance et le strict respect des mesures de prévention. Le lavage régulier des mains à l’eau chlorée ou au savon, l’interdiction de toucher les corps des victimes sans protection, le signalement immédiat de tout fièvre inexpliquée sont des gestes qui sauvent. Le Dr. Jean-Jacques Muyembe, patron de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), le martèle : « La communauté est notre premier rempart. »
Le gouvernement, de son côté, a déjà lancé des campagnes de sensibilisation et renforcé le dispositif sanitaire. Mais la lutte contre Ebola RDC en est encore à une phase critique. Comme une rivière qui gonfle après de fortes pluies, la situation pourrait déborder si chaque acteur ne joue pas son rôle. Heureusement, les leçons des précédentes épidémies ont permis d’affiner les protocoles.
En conclusion, si le danger est bien réel, les moyens d’y faire face existent. L’appel de Félix Tshisekedi à la mobilisation générale est un signal fort qui doit être entendu par tous. En respectant les consignes sanitaires et en évitant la panique, il est possible de contenir cette résurgence. Les prochains jours seront déterminants, et l’issue dépendra de notre capacité collective à agir comme un seul homme.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
