Plus de peur que de mal. L’Assemblée générale extraordinaire élective de la FECOFA, un temps menacée par les incertitudes, se tiendra bel et bien ce mercredi 20 mai 2026 à Kinshasa. Un ouf de soulagement parcourt le microcosme du ballon rond congolais : l’instance faîtière va enfin se doter d’un nouveau comité exécutif. Rendez-vous est pris au Pullman Hôtel, à partir de 11 heures, pour un scrutin qui sent déjà la fin d’un feuilleton.
Afin d’éviter tout cafouillage de dernière minute, la secrétaire générale Lyliane Tshimpumpu a rappelé les règles du jeu. Chaque délégué, qu’il représente un club, une ligue provinciale ou le comité sortant, devra se présenter muni de sa lettre officielle de désignation, d’une pièce d’identité en cours de validité, et – document insolite – d’un relevé d’identité bancaire (RIB) à remettre à l’administration de la FECOFA dès l’arrivée. Une consigne qui peut prêter à sourire, mais qui traduit la volonté de transparence et de traçabilité des indemnités liées à ce processus électoral.
Sur le ring électoral, le suspense a fondu comme neige au soleil. Neuf prétendants rêvaient initialement de décrocher la timbale présidentielle. Mais la commission électorale, intraitable, a passé le balai. Shabani Nonda, Patou Mangenda, Max Mayaka, Aziz Makukula, Jean-Claude Mukanya et Kevin Issa ont vu leurs dossiers invalidés. Manque de parrainages, irrégularités administratives ? Les motifs exacts restent flous, mais le couperet est tombé sans appel. Deux autres challengers, Bosco Mwehu et Jean-Didier Massamba, ont préféré jeter l’éponge avant le jour J, laissant le champ libre à un seul survivant.
Cet homme, c’est Véron Mosengo Omba. Le natif de Kinshasa, déjà bien introduit dans les arcanes de l’administration du football, marche désormais sur une voie royale. Sans opposant, son accession à la présidence de la FECOFA n’est plus qu’une formalité. Une situation qui interroge : une élection sans duel est-elle encore une élection ? Les puristes crieront au déficit démocratique, tandis que les pragmatiques salueront la fin des guerres de chapelle qui ont miné la fédération ces dernières années.
Cette assemblée élective intervient dans un climat d’attentes immenses. Le football congolais, riche en talents mais pauvre en structures, réclame une réforme en profondeur. Stabilité institutionnelle, transparence financière, relance des compétitions locales, mise à niveau des infrastructures : voilà les chantiers titanesques qui attendent le futur locataire du siège de la FECOFA. Les supporters, lassés des promesses non tenues, espèrent que ce quinquennat ouvrira effectivement « une nouvelle page », comme l’a martelé la Fédération dans son communiqué.
La présence d’un candidat unique ne signifie pas pour autant un chèque en blanc. Véron Mosengo Omba devra rapidement prouver qu’il n’est pas l’homme d’un clan, mais bien le rassembleur capable de transcender les divisions. Les observateurs guettent la composition de son futur comité exécutif : y intégrera-t-il des figures issues des autres sensibilités ou verrouillera-t-il le pouvoir entre proches ? Les prochaines semaines apporteront un début de réponse.
En attendant, ce 20 mai 2026 restera comme le jour où le football congolais a, en apparence, choisi la stabilité plutôt que le chaos. Sans effusion de voix, sans bataille rangée, Mosengo Omba endossera le costume tant convoité. Reste à savoir s’il saura le porter avec la hauteur qu’exige la mission. Car au pays des Léopards, le ballon rond ne pardonne pas les faux pas.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
