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Bunia : 2 200 détenus en surpopulation face à Ebola, la MONUSCO en renfort

La prison centrale de Bunia, conçue pour 500 personnes, en accueille aujourd’hui 2 202, une situation qui transforme ce lieu en une véritable poudrière sanitaire face à l’épidémie d’Ebola qui sévit en Ituri. Comment endiguer la propagation du virus lorsque la promiscuité est aussi extrême ? C’est la question cruciale que se posent les autorités pénitentiaires et leurs partenaires.

Depuis la déclaration officielle de la 17e épidémie d’Ebola le 15 mai dernier dans les zones de santé de Rwampara, Mongwalu et Bunia, plus de 100 personnes ont déjà perdu la vie dans cette province du nord-est de la RDC. Dans ce contexte alarmant, la surpopulation carcérale de Bunia apparaît comme un facteur de risque majeur. Une simple fièvre peut se transformer en catastrophe si elle n’est pas détectée à temps dans un environnement où les contacts sont quasi permanents.

Pour limiter ce danger, la prison a mis en place un arsenal de mesures préventives. Dès l’entrée, le port du masque est obligatoire pour tous, détenus comme visiteurs. Le lavage systématique des mains est imposé avant de franchir le portail. « Nous sensibilisons chaque famille qui vient rendre visite, explique-t-on sur place, et nous interdisons l’accès aux enfants pour réduire les risques. »

Ces gestes barrières, s’ils sont essentiels, restent toutefois insuffisants face à la densité humaine du centre. Plus de 2 200 personnes entassées dans des cellules prévues pour moins d’un quart de cet effectif : c’est comme maintenir une flamme au-dessus d’une citerne d’essence. Une étincelle virale suffirait à embraser l’ensemble de la prison.

Une délégation de l’Unité pénitentiaire de la MONUSCO a visité l’établissement ce lundi 18 mai pour évaluer la situation. Les experts onusiens ont insisté sur trois priorités : créer une salle d’isolement où les nouveaux arrivants seraient mis en quarantaine de 14 à 21 jours, installer un dispositif de prise de température systématique à l’accueil, et renforcer les protocoles de désinfection dans tous les espaces communs. Un tel isolement est comparable à un sas de décontamination qui permettrait de filtrer les porteurs potentiels du virus avant qu’ils ne se mélangent à la population carcérale.

Le directeur de la prison ne cache pas sa détermination. « Nous nous engageons à tout faire pour que la prévention Ebola soit une réalité ici, mais nous avons besoin de matériels de protection et de soutien logistique », a-t-il déclaré lors de cette rencontre. Car les défis sont immenses : comment distancer physiquement des détenus dans des cellules saturées ? Peut-on vraiment empêcher le virus de circuler quand la promiscuité est le quotidien ?

La riposte contre l’épidémie en Ituri doit impérativement inclure le milieu carcéral, souvent oublié dans les plans d’urgence. Ignorer la prison de Bunia, c’est risquer un foyer de contamination qui pourrait déborder bien au-delà de ses murs, menaçant toute la région. Chaque détenu non protégé devient un maillon faible dans la chaîne de lutte contre ce virus mortel.

Pour les proches des prisonniers, ces mesures suscitent une inquiétude légitime, mais elles sont vitales. Se priver d’une visite aujourd’hui, c’est peut-être sauver une vie demain. La prévention en milieu carcéral rappelle que la santé publique ne s’arrête pas aux barreaux.

Alors que les équipes médicales s’activent, l’appel est lancé aux partenaires humanitaires pour doter la prison de Bunia des moyens nécessaires : thermomètres infrarouges, solutions hydroalcooliques, équipements pour la salle d’isolement. Car dans ce combat contre Ebola, la solidarité est notre meilleur vaccin. Et à Bunia, le temps presse.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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