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Ebola en Ituri : Faut-il fermer les écoles ? Le ministre Kamba répond

L’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en Ituri suscite une question légitime dans l’esprit de nombreux parents : les écoles devraient-elles fermer leurs portes ? Alors que des centaines de cas suspects sont sous surveillance, le ministre national de la Santé publique, Roger Kamba, a apporté une réponse claire lors de sa visite à Bunia ce dimanche 17 mai 2026. Pour l’instant, les établissements scolaires restent ouverts. Une décision qui peut surprendre, mais qui s’appuie sur une évaluation rigoureuse des risques.

« Pour l’instant, on continue à fonctionner normalement. Nos équipes vont se réunir aujourd’hui pour décider de la stratégie en fonction de l’évaluation de la cartographie des risques », a déclaré le ministre. Loin d’être un blanc-seing à l’insouciance, ce maintien des activités académiques s’inscrit dans une stratégie de riposte graduée, semblable à celle d’un pompier qui évalue la progression de l’incendie avant de décider quelles maisons évacuer. Comprendre cette approche, c’est d’abord saisir comment se propage le virus Ebola.

Contrairement à la grippe ou à la COVID-19, Ebola ne se transmet pas par voie aérienne. La contamination se fait par contact direct avec les fluides corporels d’une personne malade ou décédée. Ainsi, un simple éternuement dans une salle de classe ne constitue pas un risque majeur, tant que les mesures d’hygiène strictes sont observées. Pour autant, le milieu scolaire n’est pas anodin : promiscuité, échanges d’objets, manque d’accès à l’eau et au savon dans certaines écoles rurales de l’Ituri peuvent transformer une salle de classe en un potentiel foyer de transmission si un cas actif y pénètre. C’est pourquoi la cartographie des risques évoquée par Roger Kamba est cruciale.

Cette cartographie, véritable carte de chaleur de l’épidémie, permet d’identifier les zones où la circulation du virus est la plus active. Actuellement, les autorités sanitaires suivent autour de 350 cas suspects. « Cela ne veut pas dire qu’ils sont tous malades, mais ce sont des personnes qui nécessitent des investigations », a précisé le ministre. Autrement dit, une grande partie d’entre eux pourraient n’être que de simples alertes, des voyageurs ayant transité par une zone à risque ou des personnes souffrant d’autres fièvres dans un contexte de psychose collective. La priorité n’est donc pas de fermer toutes les écoles de la province, ce qui aurait des conséquences éducatives désastreuses, mais de cibler les interventions.

Et justement, le cœur de la riposte bat à Bunia, épicentre de cette épidémie d’Ebola, à Rwampara et à Mongbwalu, où des centres de traitement sont en cours de déploiement. Ces structures sont les boucliers avancés pour isoler et soigner les patients confirmés, brisant ainsi les chaînes de contamination. Imaginez-les comme des hôpitaux forteresses, capables de contenir le virus tout en offrant des soins de survie. Pour les écoles situées dans ces localités, la surveillance sera naturellement renforcée. Des équipes d’intervention rapide pourront intervenir à la moindre suspicion, permettant une fermeture ciblée et temporaire si nécessaire, sans précipiter toute la région dans la paralysie.

L’enjeu pour le gouvernement est double : éviter une psychose qui pourrait être plus dévastatrice que l’épidémie elle-même, et préserver les acquis d’une année scolaire déjà fragile en Ituri, régulièrement secouée par l’insécurité. La stratégie de Roger Kamba reflète ce savant équilibre entre protection sanitaire et continuité de la vie sociale. Elle n’écarte pas un possible durcissement des mesures — le ministre a lui-même reconnu que la situation « reste préoccupante » — mais elle se refuse à agir dans la panique.

Alors, faut-il s’alarmer de voir les enfants sur le chemin de l’école ? La réponse nuancée invite plutôt à la vigilance et à la confiance envers les équipes de riposte. Plus que jamais, le lavage régulier des mains, la distanciation physique dans la mesure du possible et le signalement immédiat de tout symptôme suspect (fièvre, vomissements, saignements) deviennent les gestes citoyens qui protègent la collectivité. L’école, lieu d’apprentissage, doit aussi devenir un lieu d’apprentissage de la prévention. En Ituri, la lutte contre Ebola se gagnera avec des cartes, des centres de traitement, mais aussi avec des élèves informés et des parents rassurés.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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