AccueilActualitéSantéAlerte Ebola : Quand un simple trajet en taxi peut vous tuer

Alerte Ebola : Quand un simple trajet en taxi peut vous tuer

Alors que l’épidémie d’Ebola en RDC ne cesse de s’étendre, la région de Beni, dans le Nord-Kivu, est en état d’alerte. Avec plus de 350 malades recensés et au moins 91 décès dans la province voisine de l’Ituri, les professionnels de santé lancent un cri d’alarme : les transports en commun, notamment les taxis et motos-taxis très fréquentés sur l’axe Bunia – Beni – Butembo – Kasindi, sont devenus des vecteurs potentiels de propagation du virus. Et si le prochain malade d’Ebola était assis à côté de vous dans un taxi-brousse bondé ?

Le constat est sans appel. La promiscuité dans les véhicules de transport, où dix, douze ou parfois plus de passagers s’entassent, crée un environnement idéal pour la transmission du virus. Le docteur Jean Baptiste Chiruza Kamungu, acteur de la riposte à Beni, insiste : « Dans une voiture avec dix personnes, si l’une est malade, les neuf autres sont exposés. » Une réalité glaçante qui pousse les autorités sanitaires à multiplier les recommandations pour contenir cette menace invisible.

Parmi les mesures de prévention Ebola les plus cruciales figure la limitation stricte du nombre de passagers. À Beni, on exhorte les chauffeurs de taxi, mais aussi les conducteurs de motos-taxis, à ne pas surcharger leurs véhicules. La distanciation sociale, rappelée avec insistance, devient une règle d’or, au même titre que le lavage régulier des mains à l’eau savonneuse ou, à défaut, à la cendre – une pratique simple mais efficace, capable de briser la chaîne de contamination.

Le port correct du cache-nez, ou masque, est également mis en avant. « Cette barrière physique peut paraître anodine, mais elle limite considérablement la projection de gouttelettes de salive infectées », explique le docteur Chiruza. Or le virus Ebola se transmet justement par contact direct avec le sang, les sécrétions corporelles et la salive d’une personne malade. Dans un espace confiné comme un taxi, une simple toux ou un éternuement peut suffire à exposer tous les occupants.

Les voyageurs Bunia Beni sont donc en première ligne. Chaque jour, des centaines de personnes empruntent cette route commerciale vitale, transportant marchandises et passagers entre les deux provinces. L’Ituri, épicentre actuel de l’épidémie, a déjà payé un lourd tribut. Les 91 décès annoncés le 17 mai dernier par le ministre de la Santé à Bunia rappellent que la maladie ne faiblit pas. Pourquoi prendre le risque de voyager sans précautions quand un geste aussi simple que mettre un masque peut sauver des vies ?

Les recommandations pratiques pour les usagers sont claires : avant de monter à bord d’un véhicule, lavez-vous les mains avec du savon ou une solution hydroalcoolique ; gardez votre masque en permanence, même si la chaleur rend cela inconfortable ; refusez de prendre place dans un taxi surchargé, même si l’attente est longue ; et en cas de symptômes suspects – fièvre, vomissements, saignements – isolez-vous immédiatement et appelez les équipes sanitaires.

Les autorités locales sont aussi interpellées. Le docteur Chiruza en appelle aux responsables de la circulation pour faire appliquer ces mesures : « Nous rappelons aux autorités de limiter le nombre de passagers, que ce soit dans les voitures ou sur les motos-taxis. » Une régulation qui, si elle est respectée, pourrait ralentir la progression de l’épidémie et protéger des vies.

En cette période où Ebola en RDC continue de menacer, chaque citoyen devient un maillon de la chaîne de protection. Les mesures de prévention Ebola à Beni et en Ituri ne sont pas qu’une affaire de médecins ; elles reposent sur la responsabilité de tous. Adopter ces gestes, c’est refuser d’être un numéro de plus dans les statistiques macabres de cette épidémie.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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