La nouvelle a de quoi rassurer les populations de l’Ituri, confrontées à une résurgence inquiétante de la maladie à virus Ebola : des centres de traitement flambant neufs seront installés dans les meilleurs délais à Bunia, Mongbwalu et Rwampara. Cette annonce, portée par le ministre national de la Santé publique, Roger Kamba, lors d’une visite-éclair ce dimanche 17 mai, marque un tournant dans la riposte Ebola RDC.
Pourquoi une telle urgence ? Imaginez un incendie qui se propage de case en case. Sans coupe-feu, il dévore tout sur son passage. Le virus Ebola fonctionne de manière similaire : une personne infectée peut contaminer plusieurs proches si elle n’est pas rapidement isolée et soignée. Or, les structures sanitaires existantes commençaient à ployer sous le poids des 59 patients déjà activement pris en charge. « Nous nous préparons à élargir les capacités de prise en charge sur les trois sites », a expliqué le ministre, insistant sur la nécessité de désengorger les hôpitaux pour éviter une saturation aux conséquences dramatiques.
Concrètement, comment va se matérialiser cette accélération ? Dès dimanche matin, les tentes destinées à monter les centres de traitement Ebola Bunia et ceux des deux autres localités étaient acheminées. Les sites – choisis en étroite collaboration avec les autorités provinciales – sont déjà identifiés. À Mongbwalu Rwampara Ebola, les équipes s’affairent pour offrir un cadre sécurisé où chaque malade pourra recevoir des soins adaptés, tout en protégeant son entourage.
Le ministre de la Santé Roger Kamba, dont la visite express en dit long sur la détermination gouvernementale, a tenu à rassurer : « Le gouvernement de la République a voulu montrer très rapidement qu’on ne peut pas laisser nos populations se débrouiller seules pendant plusieurs jours. » Ce message de solidarité s’adresse à une région qui a déjà payé un lourd tribut aux épidémies. L’épidémie Ebola Ituri n’est pas une menace abstraite : elle tue en silence, et chaque heure perdue peut coûter des vies.
Mais au juste, que faire pour limiter les risques ? La transmission se fait par contact direct avec les fluides corporels d’une personne malade ou d’un défunt. Les symptômes – fièvre brutale, vomissements, diarrhée, parfois saignements – peuvent ressembler à ceux d’un paludisme sévère au début. C’est pourquoi, face à tout signe suspect, il est impératif d’alerter immédiatement les équipes de riposte ou de se rendre dans un centre de traitement. Plus le virus est pris tôt, meilleures sont les chances de survie. À l’inverse, rester chez soi ou consulter un tradipraticien revient à jeter de l’huile sur le feu de la contagion.
Roger Kamba santé : derrière ce nom, c’est une stratégie de riposte qui se dessine, fondée sur la réactivité et le maillage territorial. Les centres de traitement ne sont pas de simples tentes alignées ; ils sont des remparts où l’isolement casse la chaîne de transmission. Pendant que les malades reçoivent des soins de support – réhydratation, correction des déséquilibres électrolytiques, traitements spécifiques quand ils sont disponibles –, les personnes contacts sont suivies, et les communautés sensibilisées.
Une question légitime taraude peut-être le lecteur : ces mesures suffiront-elles à éteindre rapidement le foyer ? La réponse dépend de l’adhésion de tous. Chaque habitant de l’Ituri et des zones voisines a un rôle à jouer. Se laver régulièrement les mains, éviter tout contact avec des personnes présentant des symptômes suspects, ne pas manipuler les corps sans protection et signaler tout décès inexpliqué : ces gestes simples sont des boucliers bien plus efficaces qu’on ne l’imagine.
Le gouvernement central, par la voix du ministre Kamba, promet une réponse sanitaire à la hauteur de l’enjeu. Les prochains jours seront décisifs. Avec 59 malades sous traitement et une capacité sur le point d’être renforcée, la dynamique peut s’inverser. Mais en matière d’Ebola, la prudence reste le meilleur allié. Alors que les tentes se dressent à Bunia, Mongbwalu et Rwampara, l’espoir renaît : celui que cette riposte Ebola RDC, rapide et coordonnée, permette non seulement de sauver des vies, mais aussi de protéger toute une région d’une flambée incontrôlable.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
