Un grave incendie s’est déclaré le dimanche 17 mai dans l’église Shekinah Tabernacle, située sur le très fréquenté boulevard Lumumba, au cœur de la commune de Matete, à Kinshasa. Les flammes ont causé d’importants dégâts matériels, mais l’intervention rapide des fidèles et des secours a permis d’éviter une conflagration totale.
Alertés par les crépitements, les riverains et les membres de la congrégation ont immédiatement réagi. Avant même l’arrivée des pompiers, une chorégraphie improvisée de survie s’est mise en place : une chaîne humaine s’est étirée d’une source d’eau jusqu’au brasier. Des seaux ont circulé de main en main, inlassablement, pour abreuver les dernières flammes. Pendant ce temps, d’autres fidèles évacuaient en hâte les bancs, les équipements de sonorisation et divers biens ecclésiastiques vers la cour extérieure, les mettant ainsi à l’abri de l’appétit vorace du feu.
Les équipes de secours, arrivées sur place, ont pris le relais et sont finalement parvenues à circonscrire l’incendie. Aucune perte en vie humaine n’a été rapportée, ce qui constitue un soulagement après un tel drame. Cependant, l’origine du sinistre demeure, pour l’heure, inconnue. Des investigations vont être menées pour déterminer la cause exacte, qu’elle soit d’ordre électrique, accidentelle ou autre.
Ce sinistre n’est malheureusement pas un cas isolé à Kinshasa. Il survient dans un contexte où les appels à la prévention incendie se multiplient sans toujours être entendus. En juin 2024, Boris Gondamoyen, gérant de SFPI Consulting, spécialisé dans la sécurité incendie, avait alerté la population lors d’un séminaire organisé dans la capitale. L’expert avait alors pointé du doigt les comportements à risque : le stockage anarchique de produits inflammables comme le carburant, l’usage inapproprié des bouteilles de gaz, ou encore l’encombrement des lieux de vie par des meubles et objets combustibles.
Pour cet expert, la sécurité incendie commence par des gestes simples mais rigoureux. Il faut se débarrasser des produits dangereux, placer les sources d’énergie loin des passages, et systématiquement débrancher les appareils électriques inutilisés. « L’encombrement des maisons par des meubles ou objets favorise la propagation du feu », martelait-il, invitant chaque foyer à repenser son environnement domestique.
Le drame de l’église Shekinah Tabernacle soulève une question brûlante : ces conseils de prévention sont-ils suffisamment relayés et appliqués ? Combien d’édifices, qu’ils soient cultuels, commerciaux ou résidentiels, demeurent vulnérables à la première étincelle ? La chaîne humaine de fidèles, si héroïque soit-elle, ne saurait se substituer à une véritable culture du risque.
En attendant les conclusions de l’enquête sur l’origine de cet incendie, le boulevard Lumumba retrouve son calme apparent, mais le souvenir des flammes continue de hanter les esprits. L’incendie de l’église Shekinah Tabernacle rappelle avec urgence que la prévention est l’affaire de tous, avant que les larmes ne viennent trop tard.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
