Au moins trois commerçants ont perdu la vie en une semaine sur la route reliant Ngandanjika à Kabinda, dans la province du Lomami. Cette série d’attaques a été confirmée par la Fédération des entreprises du Congo (FEC), qui tire la sonnette d’alarme face à la recrudescence de l’insécurité sur cet axe stratégique.
Les faits se sont déroulés aux abords du pont Mpambu, un point névralgique situé entre les groupements de Nzaji et Kalunda Musoko, dans le territoire de Ngandanjika. C’est là que des hommes armés ont tendu des embuscades aux usagers, ciblant spécifiquement les commerçants qui font la navette entre ces deux localités pour leurs activités.
Jean Pierre Beya, président territorial de la FEC Lomami, a livré un témoignage poignant. « Nous avons déjà enregistré trois morts en une semaine sur ce tronçon. Ce sont des commerçants qui faisaient le trafic entre Ngandanjika et Kabinda », a-t-il déclaré. Selon lui, les victimes étaient des opérateurs économiques qui empruntaient quotidiennement cette route pour écouler leurs marchandises, participant ainsi au dynamisme commercial de la région.
La situation est d’autant plus préoccupante que les attaques sont récurrentes, poussant de nombreux usagers à renoncer à leurs déplacements. « Ils sont attaqués à plusieurs reprises. Certains réussissent à fuir, mais d’autres n’y parviennent pas », a ajouté Jean Pierre Beya. Cette psychose ambiante paralyse progressivement les échanges économiques, dans une zone où la route Ngandanjika-Kabinda constitue quasiment l’unique cordon logistique.
Face à cette urgence sécuritaire, les autorités territoriales de Ngandanjika, contactées, n’ont pas souhaité commenter la situation. Un silence qui interroge, alors que les corps s’accumulent sur ce tronçon devenu un véritable coupe-gorge. Comment expliquer qu’en plein cœur de la RDC, des commerçants soient livrés à eux-mêmes sur une route pourtant vitale pour l’économie locale ?
La FEC Lomami réclame sans attendre un renforcement des patrouilles des forces de sécurité. Pour l’organisation patronale, il y a urgence à restaurer la sécurité en RDC, et plus particulièrement sur cet axe, afin que les opérateurs économiques puissent circuler sans crainte pour leur vie.
Au-delà de l’horreur des faits, c’est tout un pan de l’économie provinciale qui menace de s’effondrer. Chaque commerçant tué, c’est une chaîne d’approvisionnement brisée, des marchandises qui n’arrivent pas à Kabinda, des prix qui flambent. Combien de temps encore faudra-t-il attendre avant que des mesures concrètes ne soient prises pour mettre fin à cette insécurité Lomami ?
Les appels se multiplient, mais sur le terrain, rien ne change. La route Ngandanjika-Kabinda, théâtre de cette tragédie, symbolise à elle seule le défi sécuritaire auquel la province fait face. Sans intervention rapide, le bilan pourrait s’alourdir encore, et avec lui le tribut payé par les acteurs du commerce local.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
