Un nouveau drame a endeuillé la province de l’Ituri dans la soirée du dimanche 10 mai 2024. La localité de Makumo, située dans la chefferie de Babila Babombi en territoire de Mambasa, a été la cible d’une attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Le bilan provisoire fait état d’au moins neuf civils tués. Plusieurs personnes restent portées disparues, tandis que huit maisons d’habitation et deux motos ont été incendiées par les assaillants.
L’information a été confirmée par l’Association pour la Promotion des Droits des Enfants et la Protection des Femmes vulnérables (APDEF/Mambasa). Selon Rams Malikidogo, membre de cette organisation, « cette attaque a causé d’importantes pertes humaines et matérielles. Huit maisons d’habitation ainsi que deux motos ont été incendiées par les assaillants, laissant plusieurs familles dans une profonde détresse. »
Ce massacre à Makumo rappelle la spirale de violences qui frappe le territoire de Mambasa. Les civils tués par les ADF s’accumulent malgré les opérations militaires en cours. Il y a quelques jours seulement, les villages de Biakato et d’autres localités voisines avaient déjà subi des incursions meurtrières. La répétition de ces attaques souligne l’insécurité persistante dans cette région de l’Ituri.
L’attaque de dimanche a semé une panique généralisée. De nombreux habitants ont fui leurs foyers, redoutant de nouvelles violences. Les survivants errent dans une psychose permanente, piégés entre les exactions des rebelles et l’incertitude. Dans plusieurs villages de Mambasa, l’insécurité est devenue le quotidien : maisons brûlées, enlèvements, assassinats répétés. La population paie un lourd tribut.
Rams Malikidogo dénonce l’insuffisance des mesures de sécurité. « Si des dispositions préventives avaient été prises à temps, les conséquences de cette attaque auraient pu être limitées. La population continue de payer un lourd tribut face à cette insécurité persistante », a-t-il déclaré. Ses propos traduisent le désarroi des communautés locales, qui se sentent abandonnées face à la menace ADF.
Les violences en Ituri ne faiblissent pas. Malgré le déploiement des forces de sécurité, les groupes armés continuent de frapper. La région de Mambasa, située à la frontière entre l’Ituri et le Nord-Kivu, est devenue un point névralgique des affrontements. L’attaque ADF de Makumo relance les interrogations sur la capacité des FARDC à protéger les civils. Pourquoi les populations continuent-elles d’être massacrées alors que des opérations sont en cours ?
Aucune communication officielle des autorités militaires ou administratives n’a encore été rendue publique. Ce silence alimente les frustrations et renforce le sentiment d’insécurité. Les habitants de Mambasa attendent des réponses et des actions concrètes.
Le massacre de Makumo s’ajoute à la longue liste des tragédies qui endeuillent l’Ituri. La communauté internationale et les acteurs humanitaires sont appelés à redoubler d’efforts. En attendant, les civils restent les premières victimes d’une guerre dont ils ne voient pas la fin. L’insécurité à Mambasa et les violences en Ituri imposent une question brûlante : jusqu’à quand le sang coulera-t-il ?
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
